Articles récents
Articles récents
Péage sur les routes: l’opposition n’est pas contre, mais à certaines conditions
Le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, n'est pas contre le principe d'utilisateur-payeur, mais il veut revoir la colonne des dépenses de l'État avant de puiser dans la poche des contribuables. Sur cette photo, M. Duhaime répond aux questions des journalistes à l'Assemblée nationale du Québec, le mercredi 11 février 2026. La députée Maité Blanchette Vézina (à droite) observe la scène. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot L’opposition n’est pas fermée à l’installation de postes de péage sur les routes du Québec, comme l’envisage le gouvernement caquiste.
Mais le Parti libéral (PLQ) et le Parti conservateur du Québec (PCQ) d’Éric Duhaime ajoutent des conditions avant d’en arriver là.
Le gouvernement Fréchette est en réflexion actuellement sur la mise en place de péages pour combler en partie le déficit accumulé d’entretien des routes, qui s’élèverait à plus de 24 milliards $.
«On n’est pas contre le principe de l’utilisateur-payeur», a affirmé M. Duhaime en point de presse jeudi matin à l’Assemblée nationale.
«Je pense qu’il faut regarder les dépenses avant de regarder d’autres sources de revenus», a ajouté sa députée, Maïté Blanchette Vézina, à ses côtés.
«Ça coûte plus cher de faire des travaux au Québec. Ça fait qu’il y a des actions à poser sur les dépenses avant de penser à des nouvelles sources de revenus.»
PLQ
Pour sa part, le chef libéral Charles Milliard a aussi soutenu jeudi matin qu’il faut réfléchir à la solution du péage.
«Pour les nouveaux projets, il faudra être ouvert à ça», a-t-il suggéré, en rappelant les pressions sur les finances publiques et les contraintes que cela impose.
«Collectivement, on ne fera pas de magie financière au Québec, aucun parti ne pourra faire de la magie financière.»
M. Milliard a ajouté que si des péages sont imposés, il faudra toutefois qu’il existe des solutions de rechange pour les usagers de la route, d’autres tronçons gratuits.
Lundi, à sa première conférence de presse à titre de nouvelle cheffe du gouvernement, Christine Fréchette avait dit que la mise en place de péages était à évaluer.
«Je ne ferme pas la porte d’emblée. Est-ce qu’il y aura des péages à la grandeur du Québec? Non. Mais c’est une formule peut-être qu’il faudra considérer. Je vais voir les propositions.»
Mercredi, le ministre des Transports, Jonatan Julien, avait renchéri en disant que le péage est la «bonne avenue» pour combler le déficit d’entretien des routes au Québec.
Il avait rappelé que le gouvernement peinait à entretenir les 30 000 km de routes dont il a la responsabilité.
Selon les données officielles du gouvernement du Québec, 56 % des routes sont jugées en bon état, 13 % sont jugées en mauvais état et 31 % en très mauvais état.
Le Plan québécois des infrastructures (PQI) 2026-2036 prévoit un montant de 35,7 milliards $ pour le réseau routier, réparti de la façon suivante: 88 % (31,6 milliards $) en maintien d’actifs, donc entretien et réparation, et 12 % (4,1 milliards $) en «bonification», c’est-à-dire l’ajout d’infrastructures.
Le déficit de maintien d’actifs a beaucoup augmenté depuis l’arrivée au pouvoir de la Coalition avenir Québec en 2018.