Tensions entre foresterie et acériculture au Bas-Saint-Laurent

Guylain Jean | 15 avril 2026 | 14:12
Image d'illustration par Depositphotos

Les Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ) dénoncent les pressions exercées par certains acteurs de l’industrie forestière du Bas-Saint-Laurent pour freiner le développement acéricole dans la région.

Dans un communiqué publié le 14 avril, l’organisation réagit à des affirmations voulant que l’acériculture menace l’approvisionnement en feuillus issus de la forêt publique. Les PPAQ rejettent ces propos, estimant qu’ils visent à influencer le ministre des Ressources naturelles et des Forêts, Jean-François Simard, afin qu’il revienne sur son engagement de réserver 2 000 hectares supplémentaires à l’acériculture.

Le président des PPAQ, Luc Goulet, affirme que l’industrie forestière tente de faire porter aux acériculteurs la responsabilité de ses propres difficultés. Il rappelle que ces 2 000 hectares représentent à peine 0,2 % du territoire forestier public régional, alors que l’industrie forestière a accès à l’ensemble des peuplements feuillus et mixtes.

Selon les PPAQ, l’acériculture constitue une activité économique essentielle qui génère davantage de retombées que la coupe de bois. En s’appuyant sur une étude du CIRANO,on souligne que la production acéricole crée, à superficie équivalente, seize fois plus d’emplois, neuf fois plus de contribution au PIB et vingt-six fois plus de revenus fiscaux.

Les producteurs soulignent également que l’acériculture permet de maintenir un couvert forestier en santé et favorise une utilisation diversifiée du territoire. Ils estiment que cette complémentarité est essentielle pour assurer la vitalité économique des communautés régionales.

Au Bas-Saint-Laurent, l’industrie acéricole compte 744 entreprises et génère une production évaluée à 166,7 millions de dollars. L’ajout des superficies promises pourrait entraîner des investissements privés d’environ 40 millions de dollars, selon les PPAQ.

En conclusion, l’organisation appelle à une meilleure reconnaissance du potentiel de l’acériculture et invite le gouvernement à maintenir son engagement. Elle soutient que l’enjeu ne réside pas dans un manque de ressource forestière, mais plutôt dans les conditions d’accès et de mise en marché du bois.