Les 59 élus du Parti québécois assermentés à l’Assemblée nationale

La Presse Canadienne | 15 octobre 2026 | 17:18
Le député de Matane-Matapédia-Mitis, Pascal Bérubé, avec le premier ministre désigné Paul St-Pierre Plamondon lors de la cérémonie d'assermentation des députés du Parti québécois au Salon rouge de l'Assemblée nationale, le jeudi 15 octobre 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot

C’était jour d’assermentation jeudi pour les 59 élus du Parti québécois (PQ).

Ils ont été chaudement accueillis par leurs familles, leurs amis et d’anciens élus ou candidats défaits à leur arrivée au Salon rouge de l’Assemblée nationale.

«Le Québec un pays, le Québec un pays», a scandé la foule. Par moments, le chef du PQ et premier ministre désigné Paul St-Pierre Plamondon peinait à retenir ses larmes.

«Vive le Québec libre!» a-t-il lancé, pris d’émotion, lors d’un discours où il s’est félicité d’avoir multiplié par 20 le nombre de députés du PQ, le plus gros contingent depuis 1998. 

«Ce lys est en train de refleurir. (…) On peut donc être très, très fiers de ce qu’on a réalisé tous ensemble!» s’est-il exclamé sous les applaudissements.

Or, le plus gros reste à faire, a-t-il averti, lui qui a promis en campagne électorale de s’attaquer au coût de la vie, de réduire l’itinérance et de remettre de l’ordre dans les finances publiques.

Il veut aussi recentrer le gouvernement sur ses missions fondamentales: la santé et l’éducation.

«Protéger son monde, disait Jacques Parizeau. Éclairer notre peuple sur son meilleur intérêt, nous disait René Lévesque. Tel est le sens de notre engagement», a-t-il déclaré.

Il convie son équipe inexpérimentée à une formation sur la politique qui sera donnée par l’ex-première ministre Pauline Marois et l’ex-chef de cabinet de Jacques Parizeau, Jean Royer.

Et il rappelle que la politique est un sport d’équipe. «C’est la discipline et l’éthique de travail qui mènent à des victoires, et non pas le talent brut», selon lui.

«La confiance, elle se gagne lentement. Ayons en tête qu’elle peut se perdre vite», a-t-il également offert comme conseil à ses ouailles.

Le premier ministre désigné croit qu’éventuellement, la «discussion essentielle» sur l’avenir du Québec reprendra. «Être maîtres chez nous, (…) tel est notre destin», a-t-il conclu. 

Pas de serment au roi

Les députés ont prêté un serment de loyauté envers le peuple du Québec, ce qui leur permet maintenant d’entrer officiellement en fonction. 

Depuis 2022, le serment au roi n’est plus obligatoire.

«Ça peut paraître banal, (…) mais il y a quatre ans à peine, tous les députés faisaient un serment de loyauté à la couronne britannique et il n’y avait pas d’exceptions.

«Plusieurs députés étaient très mal à l’aise», a souligné M. St-Pierre Plamondon.

La cérémonie, qui s’est tenue sur le coup de 14 h, avait lieu à la Salle du conseil législatif, qui retrouvait sa vocation protocolaire après près de deux ans de rénovations.

La lieutenante-gouverneure Manon Jeanotte, représentante du roi au Québec, n’a pas été invitée, le PQ tenant à couper tous les liens avec la monarchie. 

Conseil des ministres: les spéculations vont bon train

«On est fébriles, on est une bonne équipe compétente et on a hâte de se mettre au travail», a déclaré la députée de Berthier, Elsie Lefebvre, à son arrivée au parlement.

M. St-Pierre Plamondon doit par ailleurs présenter son conseil des ministres — qui devrait compter une vingtaine de membres — le 21 octobre prochain. 

Déjà, les spéculations sur la composition de ce conseil vont bon train, or aucun député n’a voulu exprimer de souhaits ni de préférences jeudi.

L’ex-leader parlementaire du Bloc québécois Alain Therrien aimerait-il un poste en particulier? «Moi, je suis content d’être député de Sanguinet», s’est-il contenté de répondre aux journalistes.

Catherine Gentilcore, réélue dans Terrebonne, souhaite-t-elle revêtir les habits de ministre de la Culture? «Je veux être utile à mon équipe», a-t-elle simplement déclaré.

«On va collaborer»

Rappelons que le 5 octobre, le PQ a été porté au pouvoir avec 28 % des voix, faisant passer sa députation de trois à 59. Il formera un gouvernement minoritaire.

La durée de vie d’un tel gouvernement est de 18 à 24 mois en moyenne.

«On va collaborer, il n’y a pas de problème avec ça. On va être capable de collaborer. C’est ça que les Québécois veulent», a assuré M. Therrien. 

«Nous avons tous le devoir de faire fonctionner l’Assemblée nationale», a renchéri Paul St-Pierre Plamondon dans son discours, disant «tendre la main» aux partis d’opposition.

L’assermentation des députés du Parti libéral aura lieu lundi prochain. Mardi, ce sera au tour des élus de Québec solidaire de prêter serment et jeudi sera la journée des conservateurs.

L’élection d’un(e) président(e) de l’Assemblée nationale sera également bientôt à l’ordre du jour. Si cette personne provient du PQ, le parti tombera à 58 lors des votes en Chambre.