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Christine Fréchette n’exclut pas de défoncer l’enveloppe de 250 millions $
La première ministre Christine Fréchette à la période des questions du 13 mai 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot La première ministre Christine Fréchette n’exclut pas de dépenser plus que les 250 millions $ prévus pour aider les Québécois, et ce, malgré la mise en garde de son ministre des Finances, Eric Girard.
Le 2 mai dernier, M. Girard a écrit à sa patronne: «Les Québécois souhaitent une première ministre responsable qui ne dépense pas à tout vent», selon les informations obtenues par Radio-Canada.
Il disait s’inquiéter que toutes ces nouvelles dépenses annoncées par Mme Fréchette allaient dépasser la limite convenue.
«Les Québécois sont intelligents et savent compter», a-t-il prévenu.
La première ministre a déjà annoncé le remboursement de certains droits de mutation (140 M$), l’ajout d’heures de soins à domicile (22 M$), ainsi qu’une baisse d’impôt pour les PME (30 M$ cette année).
L’abolition de la TVQ sur certains produits à l’épicerie et à la pharmacie doit également faire l’objet d’une annonce dans les prochains jours.
On s’attend à ce que cette mesure coûte 100 millions $, pour un total de 292 millions $.
Dans son budget en mars, M. Girard avait laissé une somme de 250 millions $ à la disposition du prochain chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) pour qu’il puisse concrétiser ses promesses.
Trouver l’équilibre
À son arrivée au conseil général de la CAQ à Lévis samedi, la première ministre s’est défendue d’être trop dépensière.
Elle a affirmé que la fermeture du détroit d’Ormuz, qui «perdure dans le temps», créait une pression «importante, plus longtemps» sur les Québécois.
«La situation n’est pas facile en ce moment pour les Québécois. On pense au coût de l’épicerie, au coût du logement, (…) de l’essence également», a-t-elle plaidé en mêlée de presse.
«Le ministre des Finances fait son travail. Maintenant, moi, je fais le mien, de trouver l’équilibre entre la gestion des finances publiques et également la réponse aux besoins des Québécois.
«On va voir comment ça évolue dans le temps», a-t-elle ajouté.
Plus tôt, Eric Girard avait tenté de minimiser l’importance de son courriel, disant avoir rédigé «des milliers» de messages semblables depuis ses années à la Banque Nationale.
«C’est mon style: concis, direct. Je suis le gardien des finances publiques», a-t-il fait valoir.
Ce genre de rappel à l’ordre est commun, a déclaré la ministre de l’Environnement, Pascale Déry.
«Eric Girard, c’est « business as usual ». Il n’y a rien là-dedans, moi, qui m’étonne, qui est préoccupant ou qui sort de l’ordinaire. (…) C’est son rôle de nous demander de faire attention», a-t-elle soutenu.
«S’il ne l’avait pas fait, c’est plus ça qui aurait été préoccupant», a renchéri la ministre du Sport, Kariane Bourassa.
«Rien n’a changé à la CAQ»
Il n’empêche que la CAQ s’est rapidement attiré les railleries des partis d’opposition, à commencer par le Parti libéral de Charles Milliard.
«Le ministre des Finances sonne l’alarme depuis longtemps… sans être écouté», a souligné M. Milliard sur X.
«Mme Fréchette, comme M. Legault avant elle, continue de dépenser sans compter pour tenter de séduire les électeurs. Comme si les Québécois ne voyaient pas clair dans leur jeu.»
La preuve «indéniable» que «rien n’a changé à la CAQ», selon le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon.
«Ils n’ont rien retenu de leurs échecs dans plusieurs dossiers, comme Northvolt ou la décote du Québec par S&P, en raison des « déficits opérationnels persistants »», a-t-il dénoncé.
Mme Fréchette participait, samedi, au dernier conseil général de la CAQ avant la campagne électorale qui sera lancée dans trois mois.
Elle en a profité pour annoncer que les députés Marie-Belle Gendron (Châteauguay) et Yannick Gagnon (Jonquière) seront coprésidents de la campagne caquiste.