L’ex-pilote Gilles Villeneuve entre officiellement dans l’histoire du Québec

La Presse Canadienne | 22 mai 2026 | 14:08
ARCHIVES - Le pilote de Formule 1 Gilles Villeneuve s'exprime lors d'une entrevue, la première depuis son arrivée chez Ferrari en remplacement de Niki Lauda, ​​sur cette photo prise à Montréal le 3 octobre 1977. (Photo PC)

Quelques minutes avant que ne se fassent entendre les vrombissements des puissantes voitures de Formule 1 participant à la première séance de qualification du Grand prix du Canada, vendredi sur l’Île Notre-Dame, la première ministre Christine Fréchette aannoncé que le légendaire pilote Gilles Villeneuve est désormais désigné personnage historique du Québec.

«C’était un geste qui s’imposait et qui était attendu de longue date et qui, heureusement, voit le jour aujourd’hui», a affirmé Mme Fréchette, devant notamment le ministre de la Culture, Mathieu Lacombe, la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada,et des membres de la famille de Gilles Villeneuve. 

«Gilles Villeneuve, c’est plus qu’une icône, en fait. C’est une légende de la F1 et du sport automobile au Québec. Il a été le tout premier pilote québécois à avoir une carrière internationale. Et (…) même, en fait, le premier sportif à avoir une carrière internationale, quelqu’un qui émanait du Québec. Grâce à lui, le Québec a brillé partout de par le monde et les Québécois en ont été, et continuent de l’être, très fiers», a-t-elle affirmé.

Un homme authentique

Mélanie Villeneuve a pour sa part fait valoir que la course automobile a permis de dévoiler l’homme qu’était son père. «On se souvient souvent de Gilles comme un pilote spectaculaire, de l’homme qui repoussait sans cesse ses limites et sa machine. Mais au-delà de ses victoires et des statistiques, ce qu’on aimait, ce que vous aimiez de mon père, c’était son authenticité, son audace pure, et aussi son refus viscéral d’abandonner, peu importe les conditions, les virages ou même les obstacles.»

«Il a appris à dompter la vitesse dans nos hivers et il a exporté ce génie de cette résilience québécoise à travers le monde, a-t-elle ajouté. Et portant fièrement nos couleurs sur le plus grand circuit partout dans le monde, il a prouvé qu’un travail acharné d’ici pouvait conquérir les sommets sans jamais renier ses racines. Il est simplement resté lui-même, un artiste dans l’âme, entier et passionné.»

Créer des symboles historiques rassembleurs

Le ministre Mathieu Lacombe, lui, a ainsi expliqué l’importance de procéder à de telles désignations: «Désigner des personnages ou des événements historiques, ce n’est pas simplement qu’ajouter des lignes dans un répertoire. C’est littéralement se créer des référents communs, les organiser, c’est créer des liens entre nous.»

«Et si on veut que le Québec continue d’être une nation forte, si on veut avoir des symboles, sur lesquels se reposer, au travers desquels on peut s’identifier et exister, il faut aller de l’avant avec la mise en mémoire et la mise en lumière de ces grands Québécois et de ces grandes Québécoises ou des moments qui ont marqué l’histoire de notre nation», a poursuivi le ministre Lacombe.

Gilles Villeneuve s’est éteint en 1982, à l’âge de 32 ans, à la suite d’un accident sur le circuit de Zolder, en Belgique.

Un parcours atypique

L’histoire de Gilles Villeneuve est pour le moins unique. Après avoir fait sensation localement à Berthierville en remportant des courses de motoneige, il a attiré l’attention en battant plusieurs pilotes de Formule 1 lors d’une course de Formule Atlantique à Trois-Rivières, en 1976.

L’année suivante, à sa première saison complète avec Ferrari, il a remporté son premier Grand Prix à l’occasion de la première course disputée sur l’île Notre-Dame.

Fils d’un accordeur de piano et d’une couturière, Villeneuve a donc connu un parcours atypique pour se rendre en F1, et son décès tragique lors des qualifications du Grand Prix en Belgique, a certainement contribué à faire de lui une icône du sport automobile.

Un film et une exposition

En plus de cette désignation, Gilles Villeneuve aura enfin son film biographique, cette année. Le long métrage, intitulé «Villeneuve: l’ascension d’une légende» etqui est dans les cartons depuis plusieurs années déjà, sortira dans les salles de cinéma le 11 novembre.

Mathieu Lacombe a également annoncé un appui de 50 000 $ du gouvernement du Québec pour soutenir l’exposition «Salut Gilles; Une histoire de vitesse à Montréal» qui sera présentée à compter du 16 juillet au Complexe aquatique du parc Jean-Drapeau. Il s’agit d’un parcours d’une trentaine de minutes mêlant archives rares, objets emblématiques, répliques de voitures historiques et extraits des effets spéciaux du film «Villeneuve: L’ascension d’une légende».

– Avec les informations de Tommy Thurber