Des infirmières en oncologie du CHRR dénoncent une situation « intenable »

Guylain Jean | 7 mai 2026 | 15:46
Hôpital de Rimouski. Crédit photo: Courtoisie

L’équipe de professionnelles en soins infirmiers de l’unité de médecine spécialisée en oncologie 3C du Centre hospitalier régional de Rimouski (CHRR) tire la sonnette d’alarme concernant le manque de personnel qui affecte actuellement les soins offerts aux patients atteints de cancer.

Dans une lettre rendue publique, les infirmières affirment que la situation s’est fortement détériorée depuis l’automne 2025, notamment à la suite de la suppression de deux postes d’infirmières et de cinq postes d’infirmières auxiliaires. Elles soutiennent que cette pénurie entraîne une surcharge de travail constante, de nombreuses heures supplémentaires obligatoires et une détérioration du climat de travail.

L’équipe déplore également devoir gérer elle-même les horaires et les remplacements, une responsabilité qu’elle estime relever de l’employeur. Selon les signataires, cette situation contribue à l’épuisement du personnel et fragilise la rétention des professionnelles spécialisées en oncologie.

Les infirmières rappellent que les soins prodigués à l’unité 3C nécessitent une expertise hautement spécialisée, particulièrement pour l’administration des traitements de chimiothérapie et l’accompagnement des patients en soins palliatifs. Elles soutiennent que le recours à du personnel provenant d’équipes volantes, souvent peu formé en oncologie, augmente les risques d’erreurs et compromet la qualité de la surveillance clinique.

L’équipe critique aussi le plan de contingence actuellement appliqué par le CISSS du Bas-Saint-Laurent, qui prévoit des effectifs réduits à une infirmière et deux infirmières auxiliaires sur les quarts de jour et de soir. Selon elles, cette organisation compromet la sécurité des soins et empêche notamment de respecter certaines normes professionnelles, comme la vérification des traitements de chimiothérapie par deux infirmières.

Les professionnelles en soins soulignent également les répercussions possibles pour l’ensemble de l’Est-du-Québec. Le Centre hospitalier régional de Rimouski étant un centre de référence pour la Gaspésie, une interruption des services forcerait plusieurs patients à recevoir leurs traitements à Québec, entraînant déplacements, coûts supplémentaires et délais dans la continuité des soins.

Dans leur lettre, les infirmières demandent au CISSS du Bas-Saint-Laurent d’agir rapidement afin d’assurer la présence de personnel suffisant, dédié et adéquatement formé pour maintenir des soins sécuritaires en oncologie.