Demande d’enquête sur la Traverse : la Chambre de commerce de Rivière-du-Loup interpelle la Vérificatrice générale

Guylain Jean | 1 avril 2026 | 08:42
Photo tirée de Facebook

La Chambre de commerce de la MRC de Rivière-du-Loup et la Ville de Rivière-du-Loup ont officiellement demandé l’ouverture d’une enquête sur la gestion du projet de relocalisation de la Traverse Rivière-du-Loup – Saint-Siméon. La requête a été transmise la semaine dernière à la Vérificatrice générale du Québec.

Dans une lettre datée du 25 mars, adressée à Christine Roy, les deux organisations demandent un examen indépendant de la gestion et de l’utilisation des fonds publics par la Société des traversiers du Québec et la Société québécoise des infrastructures dans le dossier du déplacement envisagé des activités vers Cacouna.

Les signataires précisent que leur démarche ne vise pas à remettre en question la décision politique elle-même, mais bien à faire la lumière sur ce qu’ils qualifient de « gestion défaillante » et d’« utilisation inappropriée des ressources publiques ». Quatre principaux éléments motivent leur demande : une planification jugée incohérente, un manque de transparence dans les critères décisionnels, des inquiétudes liées à un contrat actuellement sous enquête, ainsi qu’un historique de problèmes de gouvernance au sein de la STQ.

Selon la lettre, la planification du projet serait marquée par des revirements importants et des analyses demeurées confidentielles. Les auteurs citent notamment l’abandon d’un projet d’installations temporaires à Cacouna évalué à 34 M$, initialement justifié par la fin de vie utile du NM Trans Saint-Laurent. Or, ils soutiennent que le navire est désormais certifié jusqu’en 2031 et que des solutions alternatives au site actuel auraient pu être envisagées.

La CCMRCRDL et la Ville dénoncent également l’opacité entourant les études ayant mené à la décision de relocalisation. Elles affirment que plusieurs demandes d’accès à l’information ont été refusées ou fortement caviardées, empêchant toute analyse indépendante. Cette absence de transparence est d’autant plus préoccupante, selon elles, que les pertes économiques pour la région pourraient atteindre au moins 226 M$ sur 20 ans.

Par ailleurs, la lettre évoque une enquête en cours de l’Autorité des marchés publics concernant un contrat octroyé de gré à gré par la SQI pour des travaux liés au futur terminal de Cacouna. Cette situation soulève, selon les signataires, des doutes supplémentaires quant à la rigueur et à la gestion globale du projet.

Enfin, les organisations rappellent que des lacunes similaires avaient déjà été relevées dans un rapport antérieur de la Vérificatrice générale portant sur les dessertes maritimes, et estiment que les problèmes de gouvernance persistent.

Considérant l’ampleur des enjeux économiques et la multiplication des zones d’ombre, la CCMRCRDL et la Ville de Rivière-du-Loup jugent qu’une intervention indépendante est souhaitable afin d’assurer une gestion rigoureuse et transparente des fonds publics dans ce dossier stratégique pour la région.