Une campagne électorale québécoise imprévisible et très compétitive

Guylain Jean | 1 septembre 2026 | 08:38
Image d'illustration par Depositphotos

La campagne électorale québécoise s’annonce particulièrement imprévisible, alors que les principaux partis tentent déjà de s’imposer dans une course qui pourrait se jouer jusqu’au 5 octobre.

Selon le professeur de science politique à l’Université Laval, Marc-André Bodet, la guerre tarifaire entre le Canada et les États-Unis pourrait continuer de teinter la campagne, même si les enjeux québécois devraient éventuellement reprendre davantage de place, notamment à l’approche des débats.

Le bilan du gouvernement sortant sera également au cœur de la campagne. Les partis d’opposition cherchent à démontrer les failles du bilan de la CAQ, tandis que la nouvelle cheffe caquiste, Christine Fréchette, tente de se distancer du gouvernement de François Legault, auquel elle a pourtant participé comme ministre. Une stratégie que Marc-André Bodet juge difficile à maintenir, puisque plusieurs anciens ministres et députés caquistes font toujours partie de l’équipe.

Pour l’électorat québécois, les deux principaux enjeux demeurent l’économie et la santé. L’appréciation de la situation économique, mais aussi l’image que les électeurs ont des chefs de partis, peuvent avoir une influence déterminante sur leur choix.

Marc-André Bodet souligne par ailleurs la personnalisation croissante des campagnes électorales. Selon lui, les élections donnent de plus en plus l’impression que les Québécois votent pour un premier ministre plutôt que pour leur député, même si le travail des candidats sur le terrain peut faire la différence dans les circonscriptions serrées.

Et à ce stade-ci, impossible de prédire l’issue du scrutin. Le Parti québécois demeure en tête dans les intentions de vote, alors que la CAQ et le Parti libéral se disputent une importante part de l’électorat. Avec un nombre exceptionnellement élevé d’électeurs indécis, le scénario d’un gouvernement minoritaire apparaît tout à fait plausible.

La forte compétition entre les partis pourrait aussi favoriser une meilleure participation électorale, mais le professeur Bodet estime que la guerre commerciale avec les États-Unis aura probablement peu d’impact direct sur la décision des Québécois d’aller voter.