Le Bloc québécois exhorte Mark Carney à ne pas sacrifier les producteurs laitiers

La Presse Canadienne | 10 août 2026 | 10:38
Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, prend la parole à Ottawa le 10 mars 2026. (LA PRESSE CANADIENNE/Patrick Doyle)

Le Bloc québécois exhorte le premier ministre Mark Carney à ne pas sacrifier les producteurs laitiers lors de ses négociations commerciales avec Washington, qui prennent de l’ampleur à l’approche de l’entrée en vigueur de nouveaux droits de douane.

Dans un communiqué publié lundi, le chef bloquiste, Yves-François Blanchet, a appelé M. Carney à «respecter sa parole» et à «s’engager à ne rien céder», rappelant que le premier ministre s’est lui-même engagé à protéger le système de gestion de l’offre.

Pourtant, a-t-il déploré, «les libéraux seraient en voie de trahir de nouveau notre industrie laitière en négociant avec Washington un accès accru aux marchés canadien et québécois pour les producteurs américains».

Plusieurs médias ont en effet pu apprendre que le Canada serait ouvert à faire certaines concessions concernant le secteur laitier.

Une source informée des négociations en cours, mais non autorisée à s’exprimer publiquement à ce sujet, a notamment indiqué à La Presse Canadienne qu’Ottawa avait dit aux provinces de ne pas s’attendre à des changements majeurs au régime de gestion de l’offre.

Cependant, le Canada pourrait élargir l’accès au marché américain selon les modalités actuelles, a précisé la source.

Pour M. Blanchet, cela reviendrait à faire «un autre sacrifice face à Donald Trump».

«Les Québécois et les Canadiens demandent à Mark Carney de se tenir debout, et pourtant il ne cesse de capituler sans rien obtenir en retour. Le Bloc québécois lui demande formellement de respecter sa parole et de s’engager à ne rien céder», a soutenu le chef bloquiste par écrit.

Le porte-parole bloquiste en matière d’Agriculture, Sébastien Lemire, a pour sa part rappelé que les producteurs et transformateurs laitiers ont déjà servi de «monnaie d’échange» dans plusieurs négociations commerciales menées par Ottawa.

«Chaque fois, ce sont les entrepreneurs majoritairement québécois qui ont fait les frais de ces accords au bénéfice d’autres secteurs ailleurs au Canada. Voilà ce qui arrivera encore si Mark Carney concède aux Américains une entrée facilitée à leurs produits laitiers chez nous», a-t-il dénoncé.

La semaine dernière, les producteurs laitiers canadiens avaient aussi mis en garde le gouvernement fédéral contre toute concession concernant leur secteur, tranchant que «notre souveraineté alimentaire n’est pas à vendre» et qu’un mauvais accord «n’en vaut pas le coût».

Dimanche, c’est le chef conservateur, Pierre Poilievre, qui a écrit à M. Carney pour marteler qu’il faut «arrêter de faire des concessions».

Jeudi dernier, M. Carney a déclaré que son gouvernement restait fidèle au système de gestion de l’offre.

Les discussions continuent

Les négociations entre le Canada et les États-Unis se sont intensifiées ces dernières semaines, surtout depuis que Washington a annoncé son d’intention d’imposer de nouveaux droits de douane de 50 % sur une multitude de produits canadiens à partir du 19 août.

Au cours des deux dernières semaines, l’équipe commerciale canadienne a rencontré à deux reprises le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer.

Les principaux négociateurs commerciaux du Canada seront une fois de plus à Washington cette semaine pour de nouvelles réunions avec l’administration Trump.

Le système de gestion de l’offre, qui protège le secteur laitier canadien, a été cité par les États-Unis comme un point de friction majeur dans les négociations.

— Avec des informations de Catherine Morrison