Régime dentaire canadien: des obstacles persistent dans l’accès, dit la VG
Le Dr Melvin Lee, à gauche, procède à l’extraction d’une dent chez un patient admissible au Programme canadien de soins dentaires, avec l’aide de Sofia Christow-Filleul, membre de son équipe, dans sa clinique dentaire d’Ottawa, le mercredi 7 août 2024. LA PRESSE CANADIENNE/Justin Tang Environ 560 000 Canadiens n’ont payé aucuns frais de leur poche pour certains soins chez le dentiste l’an dernier grâce au Régime canadien de soins dentaires (RCSD). Le rapport de la vérificatrice générale du Canada, publié jeudi, conclut que Santé Canada a somme toute géré de manière efficace le régime, bien qu’il y ait place à l’amélioration.
Pour être couvert par le régime canadien de soins dentaires, il faut avoir un revenu familial net rajusté inférieur à 90 000 $ par année et ne pas être couvert par une assurance dentaire privée.
Les personnes admissibles doivent faire une demande, puis attendre l’approbation avant d’être officiellement inscrites au régime canadien de soins dentaires. Les patients ne peuvent pas recevoir de soins dans le cadre du programme tant que le processus n’est pas complété.
En date de mars 2026, il y avait 6,9 millions de membres participant au régime sur les 10,5 millions de personnes potentiellement admissibles estimées par Santé Canada. De ce nombre, environ 61 % d’entre eux s’étaient prévalus de leurs prestations. Les personnes ayant utilisé leur prestation ont dépensé en moyenne 264 $ de leur poche pour des soins dentaires en 2025, comparativement à 536 $ pour les ménages canadiens, selon les plus récentes données de Statistique Canada.
Dans son rapport, la vérificatrice générale du Canada, Karen Hogan, soulève que «les enfants pris en charge par les provinces et les territoires n’avaient toujours pas accès au Régime par l’intermédiaire du processus d’inscription». Selon les données, 55 % des membres du RCSD étaient âgés de 60 ans ou plus, 32 % étaient âgés de 18 à 59 ans et 13 % avaient 17 ans ou moins.
Mme Hogan recommande à Santé Canada d’évaluer les populations qui présentent de faibles taux d’inscription afin d’éliminer les obstacles à l’accès, y compris pour les enfants.
Elle met également en lumière des enjeux au niveau budgétaire. Le régime canadien de soins dentaires a un financement de 13 milliards $ sur 5 ans à compter de l’exercice 2023‑2024, puis de 4,4 milliards $ par année par la suite.
«Au cours des deux premières années du programme, les paiements au titre des prestations dentaires ont dépassé l’engagement budgétaire de Santé Canada d’environ 1,1 milliard $ en tout. Santé Canada a géré ces coûts plus élevés en réaffectant des fonds d’un exercice financier à l’autre», indique le rapport.
On ajoute que «selon les prévisions du Bureau de l’actuaire en chef, les paiements au cours des exercices 2026‑2027 à 2031‑2032 devraient dépasser le financement actuellement disponible», précisant que la réaffectation de fonds entre exercices est une solution temporaire.
D’autre part, Mme Hogan critique Santé Canada pour ne pas avoir vérifié que les réclamations et décisions d’autorisation préalable étaient effectuées correctement en 2025-2026. Des personnes pourraient ne pas avoir reçu la couverture à laquelle elles avaient droit.
Les ministres acceptent les recommandations de la VG
Selon un sondage réalisé par la firme Angus Reid pour le réseau de cliniques dentaires national 123Dentiste, les personnes inscrites au RCSD trouvent qu’il n’y a pas assez de services couverts (31 %), qu’il manque de clarté sur la couverture et les frais à payer (29 %) et trouvent complexe le processus de renouvellement (13 %).
Tout de même, le président-directeur général de 123Dentiste, Jeff Leger, souligne que le régime a permis à de nombreuses personnes qui n’avaient pas été chez le dentiste depuis des années d’avoir accès à des soins buccodentaires. Il affirme que l’expérience des clients de ses quelque 500 cliniques est positive.
«On voit que beaucoup des personnes qui sont inscrites n’ont pas eu de services depuis 10, 15 ans. [Les dentistes] ont été capables de réparer les choses qui auraient dû être réparées depuis longtemps ou éviter que les gens visitent l’urgence pour des problèmes plus immédiats ou urgents», mentionne M. Leger.
Le sondage d’Angus Reid a été mené auprès de 1509 Canadiens du 28 septembre au 5 octobre 2026. Un échantillon de cette taille a une marge d’erreur de plus ou 2,5 %, 19 fois sur 20.
La vérificatrice générale du Canada a présenté neuf rapports d’audit de performance jeudi à la Chambre des communes. Dans un communiqué, les ministres fédéraux ont fait une déclaration groupée concernant six rapports.
«Ces rapports portent sur différents domaines: les soins dentaires, la gestion des réserves stratégiques de matériel d’urgence, les centres d’appels, les munitions, l’intégrité de notre système financier et la perception des taxes et des droits à la frontière, indique le communiqué. […] Le gouvernement accepte toutes les recommandations formulées dans ces six rapports. Nous sommes déterminés à améliorer continuellement la façon dont nous fournissons les services gouvernementaux afin de veiller à ce que la population canadienne profite d’une optimisation des ressources.»