Vol à l’étalage: les partis doivent sortir de leur silence, plaident les détaillants

La Presse Canadienne | 26 août 2026 | 16:05
Les partis politiques devraient prendre plus au sérieux le vol à l’étalage dans les commerces, notamment dans les épiceries, plaident deux représentants de l’industrie à l’approche de la campagne électorale. Une photo de légumes au Marché Jean-Talon à Montréal, où avait lieu la conférence de presse, photographiés le 11 janvier 2016. LA PRESSE CANADIENNE/Paul Chiasson

Les partis politiques devraient prendre plus au sérieux le vol à l’étalage dans les commerces, notamment dans les épiceries, plaident deux représentants de l’industrie à l’approche de la campagne électorale.

Les vols organisés d’épiceries par le groupe anticapitaliste «Les Robins des ruelles» à Montréal et à Québec n’ont pas suffisamment été dénoncés par la classe politique, juge le président de l’Association des détaillants en alimentation du Québec (ADAQ), Pierre-Alexandre Blouin, qui n’a pas voulu nommer le groupe.  

«C’est quoi, l’idée d’aller voler un commerce et de s’en vanter? dénonce M. Blouin. Je ne comprends pas qu’il n’y ait pas eu de réaction du politique encore.

«On a rencontré tous les partis pour leur en parler, enchaîne-t-il. C’est encore le silence, malheureusement. Je trouve ça assez désolant.»

Le groupe anticapitaliste a justifié le vol organisé en accusant les épiciers de «s’enrichir sur le dos» des ménages. 

«On est de plus en plus nombreux à en arracher, on se retrouve à travailler toujours plus, sans arriver à se loger et se nourrir sans stresser à la fin du mois», a soutenu un porte-parole du groupe, Frédéric Laflèche, dans un communiqué diffusé en mai. 

Leurs actions surviennent à un moment où le coût de la vie préoccupe les ménages, notamment en raison de l’inflation alimentaire. 

M. Blouin rétorque que les marges bénéficiaires des épiciers sont faibles. «Le profit d’un détaillant d’alimentation, c’est de 1 % à 2 % (des revenus), le vol, c’est 3 %.»

Lors des précédents vols du groupe anticapitaliste, aucun blessé ou altercation n’a été rapporté. M. Blouin souligne toutefois que les employés présents ont eu peur. 

Le président du Conseil canadien du commerce de détail (CCCD), Michel Rochette, explique que le vol à l’étalage a pris de l’ampleur au cours des dernières années et qu’il s’agit d’une des principales préoccupations de l’industrie.

Le vol a entraîné des pertes de 9 milliards $ pour les détaillants canadiens en 2024. Ce chiffre était de 5 milliards $ en 2018, selon le CCCD.  

Loin de l’image de la personne qui glisse un produit sous ses vêtements, le vol à l’étalage est devenu l’apanage de groupes criminels organisés. 

«On a un problème majeur au Québec, c’est qu’on n’a pas encore reconnu le crime au détail comme un problème de sécurité publique», déplore M. Rochette.

Les policiers voudraient intervenir, mais ils «manquent de moyens et de ressources», croit le président du CCCD. «Le gouvernement doit reconnaître le problème une fois pour toutes.»

Moins de paperasse

Les deux représentants de l’industrie ont participé, à Montréal mercredi, à une sortie commune de six associations du secteur bioalimentaire pour demander aux partis politiques de reconnaître l’importance de leur industrie.

L’enjeu de la réglementation fait partie des doléances partagées par le milieu agricole, l’industrie de la transformation alimentaire et les détaillants d’alimentation. 

Le président général de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Martin Caron, juge que la trop lourde réglementation contribue à l’inflation alimentaire. 

«On arrive pour mettre une réglementation, mais qui amène un coût face à nous, les producteurs ou face au reste de la chaîne, et, après ça, on nous demande de faire face et d’amener un panier d’épicerie le moins cher possible», déplore-t-il.