Les PPABSLG cherchent à calmer le jeu et à rétablir les faits dans le dossier des 2 000 hectares en forêt publique
De gauche à droite : Nathalie Lemieux, David Therriault, Justin Plourde, Yoann Bélisle et Pierre Lemieux. Crédit photo : Courtoisie Les Producteurs et productrices acéricoles du Bas-Saint-Laurent–Gaspésie (PPABSLG) montent au front pour rétablir les faits et apaiser les tensions entourant le dossier des 2 000 hectares de forêt publique initialement octroyés par le ministère des Ressources naturelles et des Forêts (MRNF).
Réunis en marge du caucus de présession de la Coalition Avenir Québec tenu à Rivière-du-Loup, les représentants acéricoles dénoncent les « tergiversations » des derniers mois, qu’ils jugent responsables d’avoir alimenté inutilement un conflit régional autour d’un enjeu qu’ils estiment déjà réglé.
Le président des PPABSLG, Justin Plourde, appuyé par la Fédération de l’UPA du Bas-Saint-Laurent (FUPA BSL) et le Syndicat des producteurs de bois de la Côte-du-Sud (SPBCS), rappelle que les 2 000 hectares en question ne représentent que 0,2 % de la forêt publique régionale.
« Aurions-nous voulu davantage? Certainement… Toutefois, nous sommes conscients que la forêt publique doit être partagée », a-t-il souligné, tout en reprochant au MRNF d’avoir rouvert un dossier qu’il jugeait clos.
Selon lui, la décision initiale d’octroyer ces superficies avait été prise en raison de l’absence de consensus régional, après le retrait de l’industrie forestière des négociations. Le retour du ministère sur cette décision aurait, selon les producteurs, contribué à raviver inutilement les tensions.
Appel à la reprise du dialogue… mais sans renégocier les 2 000 hectares
Justin Plourde affirme rester ouvert aux discussions sur le développement futur de l’acériculture en forêt publique, mais exclut toute remise en question de l’entente initiale.
« Les chiffres parlent d’eux-mêmes; nous sommes tout sauf gourmands », a-t-il lancé.
Du côté des partenaires forestiers, le président du SPBCS, Pierre Lemieux, soutient qu’il existe déjà des solutions pour réduire les tensions, notamment en misant davantage sur la forêt privée. Il affirme que la disponibilité en bois y est suffisante pour répondre aux besoins industriels, tout en dénonçant une concurrence qu’il juge déséquilibrée entre forêt publique et privée.
Selon lui, les volumes actuellement mobilisés en forêt privée demeurent sous-exploités, notamment en raison de la pression exercée par le bois issu de la forêt publique vendu à moindre coût.
Une question d’équité, selon les acteurs acéricoles
Pour la présidente de la FUPA BSL, Nathalie Lemieux, le débat dépasse le seul enjeu des superficies et soulève une question plus large d’équité dans la gestion de la forêt publique.
Elle rappelle que la filière acéricole régionale regroupe 744 entreprises et génère des retombées économiques évaluées à 166,7 millions de dollars. L’ajout des 2 000 hectares permettrait, selon elle, de soutenir environ 40 millions de dollars d’investissements privés et d’ajouter jusqu’à 400 000 entailles supplémentaires.
« La forêt publique est un bien commun que nous avons le devoir de partager avec équité », a-t-elle déclaré, appelant à reconnaître l’acériculture comme une activité complémentaire aux autres usages forestiers.
Un dossier toujours sensible
Malgré les appels à l’apaisement, le dossier des 2 000 hectares continue de susciter des tensions dans la région, où les enjeux liés au partage de la forêt publique opposent depuis plusieurs mois les secteurs acéricole et forestier.
Les PPABSLG souhaitent désormais recentrer le débat sur la planification à long terme plutôt que sur la remise en question d’engagements déjà annoncés.