Besoin de financement | Les groupes de défense des droits du Bas-Saint-Laurent en grève le 2 février

Guylain Jean | 28 janvier 2026 | 16:18
Délégation de groupes en DCD du Bas-Saint-Laurent lors d’une mobilisation du FRAPRU à québec en septembre 2024. Crédit photo : Courtoisie

Douze groupes communautaires en défense collective des droits (DCD) et des regroupements alliés du Bas-Saint-Laurent seront en grève le 2 février afin de réclamer un meilleur financement de leurs activités. Cette mobilisation régionale s’inscrit dans un mouvement national qui touchera une centaine d’organismes à travers le Québec, à l’appel du Regroupement des organismes en défense collective des droits (RODCD).

Les groupes demandent notamment une augmentation de 155 millions de dollars du financement annuel, une indexation basée sur l’Indice des coûts de fonctionnement du communautaire (3,6 % pour 2025-2026), ainsi qu’un processus clair et permanent pour l’accueil et le financement des organismes en attente. Ils réclament également le retrait du chapitre 4 du projet de loi 7, qu’ils estiment menaçant pour l’indépendance des organismes communautaires.

Dans le cadre de cette journée de grève, des brunchs thématiques « Jour de la marmotte » se tiendront à Rimouski et à Rivière-du-Loup. Ces activités serviront à rappeler les luttes sociales menées au fil des ans par les groupes en DCD et les gains obtenus malgré un sous-financement chronique. Une action de sensibilisation auprès des ministres et député·es concernés est aussi prévue.

Les groupes ont sollicité une rencontre avec la députée de Rivière-du-Loup–Témiscouata–Les Basques, Amélie Dionne, qui a décliné l’invitation en raison de contraintes d’agenda, les référant plutôt à son personnel de circonscription. Les organismes souhaitent néanmoins s’assurer que leurs revendications se rendent jusqu’à elle.

Dans un contexte où plusieurs projets de loi, dont les projets de loi 3 et 7, sont perçus comme limitant les contre-pouvoirs démocratiques, les groupes du Bas-Saint-Laurent disent vouloir alerter la population sur les risques de recul démocratique. « Si on veut continuer de prendre soin de notre monde en région et faire entendre nos réalités auprès du politique, il faut des amplificateurs de voix. C’est pourquoi nous réclamons un meilleur financement », souligne Julie Proulx, coordonnatrice d’Action Chômage Kamouraska.

Les organismes rappellent que la défense collective des droits a permis d’importantes avancées sociales au Québec pour de nombreux groupes de la population. « Malheureusement, c’est encore le jour de la marmotte. C’est décourageant de devoir revenir sans cesse avec la même demande : être financés pour simplement remplir nos missions », conclut Carol-Ann Kack, de la Table de concertation des groupes de femmes du Bas-Saint-Laurent.