La SAQ veut ouvrir une centaine de mini agences dans les prochains mois

La Presse Canadienne | 16 janvier 2026 | 07:52
Crédit photo: Isabelle Bergeron/SAQ

La Société des alcools du Québec (SAQ) pourrait offrir une trentaine de produits dans le dépanneur ou l’épicerie de votre quartier au cours des prochains mois.

D’ici l’été, la société d’État compte ouvrir 92 étalages dans des commerces urbains, a-t-elle annoncé mercredi en fin de journée.

Le concept de mini agences, qui porte le nom de Zone SAQ, offrira entre 30 et 40 produits. 

L’idée derrière ce concept est de s’adapter aux comportements de consommation, explique Isabelle Dufour, vice-présidente de l’exploitation des réseaux de vente, en entrevue mercredi. 

«On s’ est rendu compte qu’il y avait des petits trous de marché, où le client ne se rendait pas nécessairement dans la succursale près de chez lui», a-t-elle expliqué.

En étant présent dans un commerce ayant des heures d’ouverture plus étendues, cela permettrait à la SAQ de «dépanner un client» à un moment où ses succursales ne sont pas ouvertes, enchaîne-t-elle. 

La SAQ teste ce modèle depuis le printemps dernier. Elle a mené des projets pilotes dans huit établissements à Montréal, Laval, Longueuil, Granby et Lévis.

En octobre, elle avait annoncé qu’elle retardait le lancement à plus grande échelle, le temps de faire plus de consultations. 

Ces discussions ont permis de bien expliquer le modèle aux parties prenantes qui avaient des préoccupations au sujet de la santé publique, a dit Mme Dufour. 

Le concept avait d’ailleurs fait l’objet de critiques de la part du Syndicat des employés de magasins et de bureaux de la SAQ, qui y voyait une forme de privatisation des activités de la société d’État.

Le syndicat s’inquiétait de la capacité des épiciers et dépanneurs qui hébergeront des Zones SAQ à assurer la vente responsable d’alcool avec la même rigueur que les employés en succursale.

Mme Dufour insiste pour dire que la SAQ prendra les moyens nécessaires pour veiller à ce que les commerçants fassent la vente responsable d’alcool.

Ils devront faire des tests par l’intermédiaire de clients mineurs deux fois par année et en rendre compte à la SAQ. «Nous aussi, on va vouloir les tester au hasard, comme on le fait avec nos succursales», prévient Mme Dufour.

La dirigeante mentionne que les établissements qui seront sélectionnés dans le cadre de l’appel d’offres ont déjà une expertise en la matière, puisqu’ils vendent déjà des produits alcoolisés ou du tabac. 

Des livraisons par Uber Eats

La SAQ a aussi dévoilé le choix d’Uber Eats pour mener un projet pilote de livraison. Elle prévoit tester ce concept à compter de la fin février sur l’île de Montréal.

Encore une fois, la société d’État veut s’adapter aux comportements des consommateurs, qui apprécient lorsqu’ils peuvent éviter un déplacement, explique Sandrine Bourlet, vice-présidente de la commercialisation, de la SAQ, au cours du même entretien. 

Lorsque la SAQ avait évoqué son intention d’explorer un partenariat avec une plateforme de livraison au printemps dernier, les tensions commerciales avec les États-Unis étaient à leur sommet. 

À ce moment, le PDG de la société d’État, Jacques Farcy, avait mentionné que le choix de la plateforme devrait «être compatible» avec le contexte politique.

La SAQ fait finalement affaire avec la plateforme américaine, Uber Eats, pour son projet pilote. 

La société d’État a respecté la décision politique du gouvernement Legault de retirer les alcools américains de ses tablettes. Dans le cas du choix de la plateforme, il s’agissait d’une décision commerciale, nuance Mme Bourlet.

«On a ouvert l’appel de propositions et les seules plateformes de livraisons collaboratives, ce sont des plateformes qui ont des nationalités américaines, ou pas loin, qui ont décidé de postuler», répond-elle.

Uber a été sélectionnée parce qu’elle a déjà une expérience en matière de livraison d’alcool, notamment avec la Régie des alcools de l’Ontario (LCBO). Être capable de respecter «l’éthique de vente» de la SAQ était une condition «sine qua non», ajoute Mme Bourlet.

Tous les livreurs d’Uber ne pourront pas s’improviser distributeurs d’alcool. Ils devront suivre une formation. La SAQ utilisera aussi des tests de clients mystères mineurs pour s’assurer que ses règles soient respectées.

Une fois le projet pilote terminé, la SAQ pourrait ouvrir la porte à d’autres plateformes, à condition qu’elles respectent ses critères. «C’est l’objectif», répond Mme Bourlet. 

Deux autres fermetures

La SAQ a également annoncé la fermeture de deux succursales situées dans des centres commerciaux de la région métropolitaine, soit le Mail Champlain à Brossard et le Centre Eaton à Montréal.

Le fait qu’il s’agisse de deux magasins dans un centre commercial ne veut pas dire que la SAQ veut quitter ce segment. «On en a plusieurs succursales qui sont situées dans des centres commerciaux qui vont très bien», nuance Mme Dufour.

Les deux succursales en question vont fermer, car elles n’étaient pas la destination de choix de la majorité des clients qui les fréquentaient, explique-t-elle. D’autres succursales étaient également situées à proximité.

La SAQ ne compte pas annoncer d’autres fermetures cette année. «L’an passé, on a fait deux vagues d’annonces, dit la dirigeante. Notre stratégie mobilière, elle est faite habituellement une fois par année et on va la faire qu’une fois cette année.»

Elle prévoit aussi ouvrir 15 nouvelles agences dans différentes régions éloignées du Québec.

La SAQ développe de nouveaux concepts, car elle doit composer avec le déclin de la consommation d’alcool et les changements d’habitudes des consommateurs.

La quantité de litres d’alcool vendus par la société d’État a diminué à un rythme annuel de 2 % à 3 % au cours des deux exercices précédents, selon son plus récent rapport annuel.