Carl Raymond gagne son combat après avoir sollicité les médias

Guylain Jean | 20 août 2026 | 10:32
Carl Raymond. Crédit photo : Guylain Jean - Arsenal Media

Deux ans après avoir été victime d’un accident de travail dans le Nord du pays, Carl Raymond de Dégelis peut enfin tourner une page importante de son dossier. Après avoir sollicité les médias en juin dernier pour faire connaître sa situation, l’accidenté du travail affirme avoir obtenu gain de cause sur l’enjeu central de son dossier avec la CNESST.

L’histoire de Carl Raymond remonte au 28 juillet 2024. Alors qu’il travaillait à Clyde River, sur l’île de Baffin, dans le cadre d’un chantier d’installation d’infrastructures électriques, il s’est blessé en forçant sur une lourde structure.. Les démarches médicales et administratives qui ont suivi se sont toutefois étirées sur près de deux ans.

Selon M. Raymond, le dossier s’est notamment compliqué parce que les examens médicaux nécessaires n’ont pas pu être réalisés immédiatement. À son retour au Témiscouata, il a été pris en charge par les équipes de l’Hôpital de Notre-Dame-du-Lac, du CLSC de Témiscouata et d’autres professionnels de la santé qui ont documenté son état.

Le principal litige concernait la reconnaissance de ses blessures. Pendant une longue période, le dossier était essentiellement reconnu sous le diagnostic d’entorse, alors que les examens et expertises médicales faisaient état de problèmes plus importants.

Un appel aux médias qui aura porté ses fruits

À la fin juin 2026, alors que le deuxième anniversaire de l’accident approchait, Carl Raymond a décidé de rendre son histoire publique. Il avait alors accordé des entrevues à plusieurs médias afin de faire avancer son dossier.

Il estime que cette sortie médiatique, combinée au soutien de son entourage et aux démarches effectuées auprès de représentants politiques, a contribué à accélérer les choses.

« Il faut y croire. Il faut être tenace et bien s’entourer », résume aujourd’hui M. Raymond.

Il souligne notamment l’appui reçu de sa conjointe et de sa famille, mais aussi celui des professionnels de la santé de la région. Il tient d’ailleurs à saluer le travail effectué par les équipes de l’Hôpital de Notre-Dame-du-Lac, du CLSC de Témiscouata et des services d’archives, dont les notes et rapports ont joué un rôle important dans son dossier.

Des documents qui ont fait la différence

Pour Carl Raymond, l’expérience lui a surtout appris l’importance de documenter rapidement un accident de travail.

Il rappelle aux travailleurs l’importance de déclarer leur accident et de conserver les documents médicaux, les rapports, les examens d’imagerie et les diagnostics. Dans son propre dossier, les différentes pièces médicales ont permis de présenter une preuve détaillée devant le Tribunal administratif du travail.

M. Raymond affirme également avoir dû se débrouiller lui-même pour préparer une partie importante de son dossier, après avoir constaté que les services juridiques pouvaient représenter des coûts considérables.

Il encourage les accidentés du travail à ne pas rester seuls et à se tourner vers les organismes spécialisés, les ressources juridiques et, lorsque nécessaire, les représentants politiques.

« C’est passé, c’est fini »

Aujourd’hui, Carl Raymond se dit soulagé de voir cette étape derrière lui.

« C’est passé, c’est fini, puis je suis bien content », a-t-il lancé en entrevue sur les ondes de O 95,5 Témiscouata.

Même si les douleurs ne disparaissent pas nécessairement avec le règlement du dossier, il considère que la reconnaissance de ses blessures lui permet maintenant de regarder vers l’avenir avec davantage de sérénité.

Son expérience lui laisse toutefois une conviction : les accidentés du travail doivent faire valoir leurs droits et respecter attentivement les délais prévus dans leurs démarches.

« On ne fait pas ce qu’on veut, on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a, puis le soleil se lève pareil demain matin », philosophe-t-il.

Après près de deux ans de démarches, Carl Raymond souhaite maintenant que son expérience puisse servir à d’autres travailleurs qui se retrouveraient dans une situation semblable. Il insiste sur trois mots : positivité, ténacité et entourage.