Un travailleur blessé dénonce des délais « inacceptables » pour voir un spécialiste

Guylain Jean | 20 avril 2026 | 17:13
Julien Côté. Crédit photo : Courtoisie

Un jeune travailleur du Bas-Saint-Laurent lance un cri du cœur face aux longs délais du système de santé québécois. Dans une lettre adressée à la députée-ministre Amélie Dionne, dont notre salle de rédaction a obtenu copie, Julien Côté décrit une situation qu’il juge « profondément injuste et préoccupante ».

Âgé de 30 ans, charpentier-menuisier et père d’une fillette d’un an, l’homme est en arrêt de travail depuis le 25 juin 2025 à la suite d’un accident de la route. Des examens d’imagerie ont révélé une importante déchirure à l’épaule ainsi qu’un disque écrasé au dos. Or, malgré la gravité de son état et des douleurs persistantes, il attend toujours une première consultation avec un neurochirurgien.

Selon les informations qu’il a reçues, le délai pourrait atteindre jusqu’à un an et demi avant même de rencontrer le spécialiste, une attente qui retarde d’autant une éventuelle intervention chirurgicale.

Entre-temps, les traitements reçus n’ont pas permis d’amélioration. Des injections de cortisone administrées en janvier dernier se sont révélées inefficaces. Le quotidien de M. Côté est désormais marqué par des douleurs constantes : engourdissements au bras, incapacité de lever le membre, douleurs lombaires irradiant parfois jusque dans les jambes, difficulté à se lever, à rester debout et à accomplir des tâches simples.

Au-delà de la souffrance physique, les impacts sont multiples. Sur le plan professionnel, cet artisan passionné voit ses projets compromis. Sur le plan familial, il dit éprouver une grande détresse à ne pas pouvoir s’occuper pleinement de sa fille. « Je ne peux pas lui donner son bain ni la prendre longtemps dans mes bras », confie-t-il dans sa lettre.

Très impliqué dans sa communauté avant l’accident, notamment comme pompier, il se retrouve aujourd’hui dans l’impossibilité de poursuivre ses engagements.

Estimant la situation inéquitable, Julien Côté demande l’intervention de la députée afin d’accélérer le traitement de son dossier. « Je considère qu’il est injuste qu’un jeune travailleur de 30 ans, souffrant quotidiennement et incapable de travailler, doive attendre possiblement près de deux ans avant même de rencontrer un neurochirurgien », écrit-il.

Ce témoignage met une fois de plus en lumière les longues listes d’attente pour l’accès aux spécialistes au Québec, avec des répercussions bien réelles sur la santé physique et mentale des patients, ainsi que sur leur vie professionnelle et familiale.