Surtaxe douanière du 19 août | Bernard Généreux veut une intervention du fédéral 

Michel Scarpino | 11 août 2026 | 14:06
Bernard Généreux . Photo courtoisie.

Le député de Côte-du-Sud—Rivière-du-Loup—Kataskomiq—Témiscouata, Bernard Généreux, a demandé une intervention urgente du gouvernement fédéral pour protéger les entreprises de la région face à la menace imminente de l’entrée en vigueur de surtaxe douanière américaine le 19 août.

Selon le député, des entreprises importantes de la circonscription comme Amisco, Innovair, Montel, Prolam et Teknion, Rousseau Metal, ou plastique Gagnon font face à une incertitude majeure. Il s’agit, selon le député, d’entreprises fortement intégrées au marché américain et le tarif douanier de 50 % qui serait facturée sur une importante portion de leur production destinée aux États-Unis pourrait compromettre sérieusement leur compétitivité et la viabilité de leurs activités d’exportation.

Il affirme que certaines entreprises de la région qui sont déjà frappées par des vagues précédentes de tarifs, évaluent leur perte à plusieurs millions de dollars.

« Ce ne sont plus des scénarios hypothétiques. Nos manufacturiers prennent déjà des décisions dans un contexte d’incertitude qui menace leurs investissements et leurs emplois. Si de nouveaux tarifs s’ajoutent le 19 août, c’est toute une chaîne économique qui risque d’être frappée : nos usines, leurs fournisseurs, les transporteurs, les travailleurs, leurs familles et nos commerces. Ottawa doit comprendre que chaque jour d’incertitude fragilise davantage notre économie régionale », affirme Bernard Généreux.

« Les répercussions des nouveaux tarifs pourraient être critiques pour de nombreuses entreprises québécoises, tant directement qu’indirectement. Au-delà des manufacturiers exportateurs, c’est tout un écosystème de fournisseurs, de sous-traitants, de transporteurs et de travailleurs qui risque d’être touché », souligne Charles-Alexandre Paré, président-directeur général de Rousseau Métal.

« Une partie considérable de nos revenus est générée par nos ventes aux États-Unis de produits de cuisine et de salle à manger. L’imposition de tarifs de 50 % sur nos produits affecterait considérablement leur compétitivité par rapport à celle de manufacturiers de meubles non canadiens. Cette situation serait très néfaste pour notre organisation. Des solutions doivent donc être trouvées rapidement pour réduire l’incertitude qui plane depuis des mois, et des mesures de soutien aux entreprises potentiellement touchées doivent être envisagées par les deux ordres de gouvernement », affirme Luc Robitaille, président et chef de la direction d’Amisco.

Selon le bureau du député Généreux, la nouvelle menace survient à un moment où le secteur manufacturier régional fait face à des pressions, notamment les incertitudes qui entourent l’avenir de l’ACEUM, les différentes mesures tarifaires américaines et la concurrence internationale.

Il affirme que pour des dirigeants d’entreprises touchées, le transfert d’une partie de la production vers les États-Unis pourrait devenir nécessaire pour respecter leurs engagements contractuels auprès de leurs clients américains et pour demeurer compétitifs.

« Les tarifs de 50 % imposés sur no produits auront des répercussions bien au-delà de notre entreprise. Ils entraîneront une hausse importante des coûts pour les manufacturiers américains de remorques qui utilisent nos planchers spécialisés, augmentant ainsi le prix des remorques circulant partout en Amérique du Nord. Comme une part importante des remorques utilisées et vendues au Canada est fabriquée aux États-Unis, ces coûts supplémentaires se répercuteront ultimement sur les entreprises de transport, les chaînes d’approvisionnement et les consommateurs canadiens. Cette situation risque donc d’alimenter l’inflation des deux côtés de la frontière, sans créer d’alternative viable à court terme pour l’industrie» explique Anne-Marie Pelletier, directrice RH et administration de Prolam.

Le député conservateur a réclamé une intervention diplomatique urgente auprès des autorités américaines pour obtenir un moratoire, des exclusions ou des exemptions sectorielles avant l’entrée en vigueur des tarifs le 19 août. Il a aussi demandé des mesures de soutien financier temporaire pour les entreprises manufacturières canadiennes et la désignation immédiate d’un interlocuteur gouvernemental responsable.