Nouvelle halte touristique au village d’Auclair

© Auclair

Le village d’Auclair inaugure cet après-midi sa nouvelle Halte touristique. Cette Halte est la seconde d’une série faisant partie du circuit de la Route des Monts Notre-Dame.

Le projet propose de mettre en valeur les différents sites, paysages et villages de la Route des Monts, de même que leur histoire et produits du terroir. Chaque halte a une thématique et propose des panneaux d’interprétation racontant l’histoire de la région. Celle d’Auclair fait le tour du développement de l’acériculture dans la région. S’ajoutent celles de l’Esprit-Saint, Saint-Narcisse, Saint-Marcellin, Saint-Donat et de celle du Lac-des-Aigles, inaugurée il y a deux semaines.

La Halte d’Auclair est aménagée au cœur du village, à l’arrière de l’édifice municipal et du petit restaurant et en face de l’épicerie, de l’église et de la patinoire. Les haltes de la Route des Monts ne seront pas ouvertes à l’année, mais au moins pour trois des belles saisons. Plusieurs officiels seront présents dont le maire d’Auclair, Bruno Bonesso, les membres de son conseil municipal, de même que des représentants des différents paliers de gouvernement dont le député Denis Tardif de la circonscription de Rivière-du-Loup–Témiscouata.

© Municipalité d’Auclair

Le projet de la Route des Monts Notre-Dame « vise à retravailler le cœur du village de chacune des municipalités du circuit, pour que ce soit un lieu de rencontre pour la communauté et les visiteurs » de dire Martin Gagnon, coordonnateur du projet de al Route de Monts Notre-Dame. La Halte du Lac-des-Aigles, met en valeur les paysages de la région. Et celle de Saint-Narcisse offre l’un des plus beaux points de vue sur les Monts Notre-Dame avoue M. Gagnon. « À l’automne dans le temps des couleurs c’est un des plus beaux points de vue qu’on peut avoir dans le Bas-Saint-Laurent ».

© Coopérative de développement agroforestier du Témiscouata

Un réseau de haltes en développement
Le coordonnateur des la Route des Monts Notre-Dame envisage à terme, de semer ici et là des belvédères et des tours d’observation et de développer avec la collaboration des communautés locales, une toponymie des montagnes du secteur. « La plupart de nos montagnes n’ont pas de nom », précise Martin Gagnon, lequel est aussi coordonnateur du du Centre de mise en valeur des Opérations Dignité et membre de la Coalition Urgence rurale, qui regroupe plusieurs municipalités du Bas-Saint-Laurent.

© Les paysages qui s’offrent à nous sur la Route des Monts Notre-Dame

Des haltes témoins d’Histoire et de luttes populaires
Ces haltes de la Route des Monts Notre-Dame sont aussi le symbole des combats qu’ont mené dans les années 1970 et bien au-delà, les résidents de nombre de villages du Québec et de l’arrière-pays, visés par des avis de fermeture par le gouvernement québécois de l’époque. « La route touristique des Monts Notre-Dame est le fruit d’une revendication qui date de près de 50 ans, alors que le gouvernement libéral de l’époque voulait fermer près de 150 villages de l’est du Québec, dont ceux d’Auclair et Saint-Juste. Les gens se sont mobilisés ». M. Gagnon qui souligne la date du 15 août 1971, où près de 6 000 personnes se sont mobilisées à l’Esprit-Saint pour bloquer les routes, en signe de protestation.

© Coopérative de développement agroforestier du Témiscouata

Jean-Marie Gilbert, aujourd’hui vice-président de la Coopérative de développement agroforestier du Témiscouata se rappelle très bien de cette époque. « Le gouvernement payait les gens pour qu’ils s’en aillent et pour être sûrs qu’ils ne reviennent pas, ils brûlaient les maisons. Les gens ont réagi et contesté. Dans des réunions, des fonctionnaires ont même été pris séquestrés jusqu’à ce qu’ils puissent parler à un sous-ministre à Québec. La plus grande réussite, c’est qu’on a créée avec les gens du milieu, la plus grosse érablière et qui dans le temps comptait 32 000 entailles. Ça a été le début d’un mouvement économique pour le Témiscouata. Le début de l’industrialisation de l’acériculture et c’est devenu un incubateur d’entreprises », ajoute M. Gilbert.

Dès les années 1960, « le gouvernement voulait déplacer des villages pour organiser le territoire de manière entre guillemets, plus rationnelle ». La région pilote Bas-Saint-Laurent/Gaspésie-Les Îles a été choisie comme zone pilote. L’initiative a provoqué un effet de ressac et a poussé la population à se mobiliser, relate Martin Gagnon. « Ça a transformé complètement le territoire au Québec. Les gens ont dit, le territoire, c’est à nous de le développer et pas à des fonctionnaires ou à des compagnies privées de l’extérieur. À l’époque, la plupart des territoires étaient contrôlés par des privés, explique M. Gendron. Les territoires forestiers étaient propriété des clubs privés par exemple ». Les terres publiques sont devenues propriété des collectivités. C’est ainsi que naissent notamment les Zones d’exploitation contrôlées (ZEC).

© Coopérative de développement agroforestier du Témiscouata
© Coopérative de développement agroforestier du Témiscouata

Aujourd’hui, « on a énormément de jeunes qui viennent de France, de Belgique, des États-Unis pour venir voir comment ce mouvement populaire » a gagné son combat. Une lutte qui a notamment permis de voir émerger ces projets d’économie sociale ». Si les gens avaient baissé les bras, la coopérative agroforestière du JAL (Auclair, Lejeune, Saint-Juste-du-Lac) n’existerait pas aujourd’hui. Elle a depuis favorisé l’émergence d’une trentaine d’entreprises, affirme M. Gagnon. « Le JAL avait même sa propre station d’essence et station de radio à Auclair. Ses antennes sont encore debout », note Martin Gagnon.

Vue du traversier du quai de Saint-Juste © Coopérative de développement agroforestier du Témiscouata

« Ces haltes veulent un instrument de rappel pour dire aux jeunes, vous devez être fiers de votre territoire et de ce que vous avez fait, vous êtes capables d’offrir un futur. Il y a toute une symbolique derrière une simple halte touristique », insiste Martin Gagnon. « La population a eu gain de cause il y a six ans avec la création de la Route de Monts Notre-Dame. Ça a été difficile de faire accepter le projet. Le ministère du Tourisme et des Transports a longtemps hésité », précise M. Gagnon qui poursuit ses études doctorales en développement régional.

L’acériculture poumon économique de la région

Découvrir la ruralité
Le tourisme ne doit pas être exclusivement réservé au littoral, revendique Martin Gagnon. Le défi étant de développer des activités et des lieux communs, des lieux de rassemblement en milieu rural. « On a créé ou retapé six haltes touristiques avec les villages partenaires. C’est un projet de 250 000 $ ». Les quatre autres seront inaugurées au cours de l’été et de l’automne.