Mary Simon prête serment et devient la 30e gouverneure générale du Canada

© Mary Simon, 30e gouverneure générale du Canada.

L’assermentation de Mary Simon, la nouvelle gouverneure générale du Canada est accueillie favorablement par les membres des Premières nations du pays.

Si certains Canadiens reprochent à Mme Simon sa méconnaissance de la langue française (que Mme Simon a promis d’ailleurs d’apprendre) d’autres se réjouissent du fait qu’elle est la représentante des autres langues parlées du pays et qu’elle donne enfin une voix aux communautés autochtones alors qu’on discute à tout vent de réconciliation.

Pour Jacques Tremblay, Grand Chef de la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk, le geste que pose le gouvernement Trudeau est important aux yeux de toutes les Premières Nations du Canada. « Nous pourrions dire que la nomination de Mme Simon représente une avancée pour la reconnaissance des droits des femmes autochtones. Et le fait qu’une Inuk soit nommée représentante de la reine est un symbole fort. Mary Simon est une leader au sein de sa Nation et des Premières Nations en général. Elle a un parcours presque sans faille. Avec les annonces récentes concernant les pensionnats, elle arrive à un moment où le Canada a besoin d’être conseillé afin d’améliorer ses relations avec les peuples autochtones » précise Jacques Tremblay. « C’est une excellente nouvelle pour les Premières nations avec tout ce qu’on a vécu dans les dernières années ». Cet événement marquera l’histoire du Canada. « Est-ce que l’institution est toujours pertinente, c’est à d’autres d’en décider » ajoute le Grand Chef Tremblay. « Par l’assemblée des Premières Nations Québec-Labrador on va avoir un lien direct avec Mme Simon. Elle va pouvoir influencer le cours des choses. Le fait qu’elle ne parle que deux langues est secondaire. Les circonstances font en sorte que c’est un incontournable. Ce n’est pas un enjeu, je suis content qu’on l’aie choisie pour aider la cause autochtone. »

Jacques Tremblay, Grand Chef de la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk © malecite.ca

L’entrée de Mary Simon à la Chambre du Sénat a été accueillie par un cercle de tambours des Premières Nations. Mme Simon qui n’a pas hésité à rappeler dans son discours, « que nous nous trouvons aujourd’hui sur le territoire non cédé du peuple algonquin anichinabé, qui vit dans cette partie du monde et en prend soin depuis des milliers d’années ». Elle ajoute que « ce lieu où nous réunissons aujourd’hui revêt pour moi une énorme importance. Il y a de ça 39 ans, lorsque ce lieu était le Centre de conférences du gouvernement, j’ai collaboré avec d’autres dirigeants autochtones et des premiers ministres pour que nos droits soient confirmés dans la Constitution canadienne. Ce moment a rendu possible le moment présent » souligne la gouverneure générale.

Mary Simons devient ainsi la 30e gouverneure générale du Canada et la première autochtone de l’histoire à accéder à cette fonction. Elle est originaire du Nunavik. Ancienne ambassadrice du Canada au Danemark, Mme Simon parle l’inuktitut et l’anglais. Elle a été nommée le 6 juillet dernier. Elle remplace ainsi sa Julie Payette qui avait dû quitter son poste dans la controverse.

Le premier ministre Justin Trudeau a déclaré que « le caractère historique de ce moment m’inspire, alors que notre pays continue de faire face aux dures réalités de notre passé collectif. Je sais que comme première gouverneure générale autochtone du Canada, Son Excellence saura nous aider à confronter ces difficiles vérités ensemble, à avancer sur le chemin commun de la réconciliation et à bâtir des ponts entre tous ceux qui vivent en ce pays. »

Saluée par le milieu des affaires aussi

La nomination de Mary Simon a aussi été saluée par la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ). « L’engagement de Mary Simon pour le développement des communautés autochtones du Québec et du Canada, particulièrement des Inuits, ainsi que son expérience sur la scène internationale, notamment en lien avec l’Accord de libre-échange nord-américain, seront des atouts précieux pour rapprocher le milieu des affaires et les Autochtones. Le Québec fait face à une pénurie de main-d’œuvre et les communautés autochtones ont une démographie dynamique et une jeunesse nombreuse qui a envie de se réaliser personnellement et professionnellement. Il y a là une occasion à saisir et nous sommes confiants que Mary Simon pourra jouer un rôle-clé en ce sens », affirme Charles Milliard, président-directeur général de la FCCQ.

La présence autochtone laisse de nombreuses traces dans l’histoire passée et présente du Bas-Saint-Laurent à plus d’un titre. Rappelons par exemple que la ville de Kamouraska a été baptisée ainsi par les micmacs. Pohénégamook vient de la langue abénakis et signifie campement d’hiver. Que le lac Témiscouata est un dérivé de Cecimiscouata. Témi qui signifie profond pour les communautés malécites et esgateg se traduit par lac, donc Lac Profond. Cacouna vient du malécite et signifie tortue. Puis Rimouski serait la demeure du chien pour la communauté micmaque.