Les libéraux votent contre le chômage maladie à 52 semaines

Épuisée, déçue, Marie-Hélène Dubé qui se bat depuis plus d’une décennie pour faire augmenter la durée des prestations d’assurance-emploi pour les personnes malades, a subi un autre revers. Le gouvernement de Justin Trudeau a récemment voté contre le projet de loi qui aurait fait passer la durée des prestations de 15 à 52 semaines.

« C’est une perte de temps immense qui dure depuis 13 ans. C’est ridicule. En même temps, je ne suis pas surprise, car ils sont encore collés sur leurs 26 semaines pour lequel la modification des systèmes est déjà en cours. Après ça, ils vont dire qu’ils ont fait quelque chose », commente cette mère de famille originaire de Rivière-du-Loup, que le cancer a touché 3 fois.

Marie-Hélène Dubé

C’est à la troisième récidive, suite à une opération majeure, qu’elle a eu l’idée, en 2009, d’une pétition qui a jusqu’à maintenant recueilli 620 000 signatures et a été déposée à la Chambre des communes avec le sentiment du devoir accompli, malheureusement sans grand succès. Plusieurs projets de loi se sont rendus en deuxième lecture, mais aucun n’a été adopté, malgré l’appui de plusieurs formations politiques, dont le Nouveau Parti démocratique et le Bloc Québécois.

« À l’époque, alors que Justin Trudeau était député, il était « très en faveur » tout comme une bonne partie de députés qui sont encore là aujourd’hui. Mais lorsqu’ils ont pris le pouvoir, ils ont changé leur position. Le gouvernement conservateur de Stephen Harper avait bloqué le projet de loi en seconde lecture », note Marie-Hélène.

Les Conservateurs changent d’avis

Depuis, selon Bernard Généreux, député Conservateur de Montmagny-L’Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup, la position du Parti a changé.

Bernard Généreux, député Conservateur de Montmagny-L’Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup

« C’est la preuve que le travail de sensibilisation de Marie Hélène peut donner des résultats. Nous avons évolué depuis. C’est même notre association régionale qui a fait adopter le changement de position sur cet important enjeu au sein de notre Parti », commente-t-il, qualifiant les libéraux de « sans cœur ».

« Aussi stupide que cela puisse paraître lorsque l’on regarde ce que les libéraux dépensent, ils ont voté contre à cause de raisons financières. Ils ont offert 26 semaines et ils demeurent sur cette position. C’est sans cœur, point final. Trudeau n’y croit pas et ne veut pas évoluer. C’est désolant », souligne le député.

« Bernard (Généreux) fait un super travail maintenant. Le Parti Conservateur maintient sa pensée et c’est très stimulant. Dans un sens, oui, le vote négatif est un revers, mais c’est aussi une victoire dans le sens où le projet s’en va en comité. Il n’est pas mort et enterré. Mais c’est recommencer encore et encore », poursuit Mme Dubé, ajoutant que le chiffre de 26 semaines aurait dû être révisé. « Ça a même été recommandé, mais ça s’est perdu. C’est du grand n’importe quoi. Il y a une tonne de lobbyistes derrière ça. C’est d’une tristesse infinie », conclut la mère de famille, qui ne sait plus à quel saint se vouer.

« Je suis vraiment fatiguée.  Le problème dans tout ça est l’énergie colossale que cela demande pour encore et toujours 0$. »

Bernard Généreux entend intervenir, mais ne pourra le faire avant la fin de la session, prévue pour mardi. Toutefois, des actions sont prévues pour septembre. « Les trois partis d’opposition sont d’accord, alors le projet de loi sera adopté en chambre. Mais ça prendra l’assentiment ministériel pour qu’il ait force de loi, ce qui n’est pas du tout acquis avec les libéraux », conclut l’homme politique.

« C’est déplorable que malgré tous les consensus, on en soit encore là. Chaque jour des gens malades continuent de vivre les tragiques circonstances de cela, mais ça semble les laisser indifférents. Mourons dans la dignité, mais soignons-nous dans la pauvreté et la médiocrité », termine Marie-Hélène Dubé.

Les intéressés peuvent signer la pétition au www.15semaines.ca.