La ferme des Jardins d’la terre du rang affiche complet

© Jardins d'la terre du rang

Karine Lebeau lance son entreprise en 2017. La ferme des Jardins d’la terre du rang de l’Esprit-Saint prend son envol. Les enfants ont grandit. C’est en regardant devant elle qu’elle trouve sa nouvelle vocation. Mais cela ne s’est pas fait en criant ciseaux!

Pour arriver à lancer son entreprise maraîchère, Karine Lebeau a dû faire appel aux institutions financières pour construire un premier bâtiment de services. Elle avait le terrain, mais rien pour le lavage, les chambres froides etc… Elle voulait offrir tout de suite des légumes frais dit-elle. « Ça a commencé comme ça. Ça faisait plusieurs années que j’étais à la maison avec mes trois enfants. J’étais diplômée en dessin industriel et j’ai travaillé quatre ans dans mon domaine avant de commencer la famille. Au bout de dix ans, j’ai fait un choix. Ça ne me tentait pas de voyager 40 heures par semaine à Rimouski et de déposer mes enfants à la garderie et d’être dans un mode de vie standard. J’ai toujours cultivé, fait des jardins pour moi. Je cherchais quoi faire. J’avais la réponse devant moi et je ne le savais pas. Je me suis dit Karine tu vas faire pousser des légumes, vendre des légumes, c’est ça que t’aime faire! »

Elle se lance. Seule d’abord. Une employée se joint à elle par la suite. Bette à carde colorée, tomate cerise Sakura, ail d’automne, carottes doigts de sorcière, chou mauve, betterave, concombres libanais, basilic, épinards et courges. Près de 40 produits prennent aujourd’hui le chemin des marchés locaux, restaurants, paniers et commandes en ligne.

La ferme est depuis quatre ans maintenant un kiosque de légumes frais de saison au Marché du Lac-des-Aigles. « Le Marché est très important, les gens participent énormément. C’est vraiment un beau marché. Je suis la seule au niveau maraîcher. J’ai commencé là et aussi à vendre à la ferme. J’ai tissé des liens avec les gens. Les offres des restaurateurs ont augmenté » explique Karine Lebeau. « On commence à semer au mois d’avril ». La production prend une pause en novembre. Ses serres lui permettent d’étirer les saisons. « L’espace de culture est le maximum qu’on peut gérer à deux avec un demi hectare de production », dit-elle.

Les consommateurs lui commandent des paniers, d’autres utilisent le kiosque transactionnel de la ferme, certains consommateurs se rendent aux kiosques des Jardins le mardi ou encore au marché du Lac-des-Aigles. « Cette année on aimerait bien faire le marché public de Rimouski après celui de Lac-des-Aigles » ajoute Mme Lebeau.

La ferme des Jardins d’la terre du rang qui prépare les tablées de la seconde édition de l’événement À la bonne franquette du 4 septembre. Il avait réuni l’an dernier près d’une centaine de convives. L’événement, est co-organisé par Vision Événements et le Broutard des Appalaches. © Ariane Labrie Photographe

Un projet n’attend pas l’autre
En plus d’être propriétaire de la ferme et de travailler à temps plein, Karine Lebeau a repris le chemin des classes afin de compléter son diplôme d’études collégiales en production maraîchère à distance, au Cégep de Victoriaville. Pas de danger qu’elle songe même à s’ennuyer. « Je suis une femme d’action. Des projets, il y en a tout plein. Là on travaille avec Biopterre pour développer la filière de la baie de génévrier et pour répondre à la demande croissante des distilleries de la région. On est en mode d’évaluation, d’observation sur notre ferme. Puis, je veux augmenter la qualité des produits et les bonifier les infrastructures de la ferme pour être plus rentable et productive et produire des légumes plus beaux, plus sains. J’essaie d’être raisonnable et rationnelle. Mon objectif est d’améliorer les cultures de la ferme pour mieux répondre à la demande. Pour l’heure la ferme affiche complet, mais Karine Lebeau a encore plusieurs cartes sous sa manche.