Garde d’enfants : la position des conservateurs, loin d’enchanter Ma place au travail

Le candidat conservateur Bernard Généreux et des enfants rencontrés à St-Bruno-de-Kamouraska le 7 septembre 2021.

À quelques jours du scrutin, l’étau se resserre sur les candidats des différents partis et Bernard Généreux, candidat conservateur dans Montmagny—L’Islet—Kamouraska—Rivière-du-Loup tente de sauver les meubles sur la question des garderies.

S’il affirme faire passer les parents en premier, le mouvement Ma Place au travail lancé en réponse à la pénurie des places en garderie au Québec et qui compte plus de 10 000 membres, est loin de lui lancer des fleurs. D’autant que le chef du Parti conservateur du Canada Erin O’Toole n’a jamais voulu avouer clairement qu’il déchirerait l’entente de 6 G$ offerte à Québec par les libéraux de Justin Trudeau avant le déclenchement des élections.

Les conservateurs disent aujourd’hui avoir un plan pour agir et pour faire passer les parents en premier en ce qui a trait à la garde d’enfants canadiens. Et disent faire mieux avec les mesures qu’ils proposent. « Il nous faut maintenant un plan sérieux pour agir pour la garde d’enfants et permettre aux femmes de retourner au travail », précise le candidat Bernard Généreux, qui a d’ailleurs dénoncé dès sa première rencontre avec les instigatrices du mouvement Ma place au travail, que les conditions de la PCMRE étaient discriminantes pour les jeunes mères.

Et pourtant, le mouvement de Ma place au travail clame à qui veut bien l’entendre, vouloir sceller au plus vite l’entente de 6 G$ faite avec le gouvernement de Justin Trudeau, quoiqu’en dise le gouvernement provincial caquiste de François Legault. Mais les conservateurs persistent et répètent leur message. « Les conservateurs du Canada vont convertir la Déduction pour frais de garde d’enfants en un crédit d’impôt remboursable couvrant jusqu’à 75 % des frais de garde d’enfants. Les familles à faible revenu recevront le plus d’aide, le plan couvrant jusqu’à 75 % des frais de garde d’enfants. Un gouvernement conservateur travaillera avec les provinces pour assurer l’harmonisation du programme avec les programmes provinciaux ».

Faut-il encore trouver une place en garderie?
Des arguments qui ne font rien pour convaincre Ma place au travail qui écrivait, pas plus tard que le 9 septembre dernier sur sa page Facebook, « Mon cœur saigne. Le mépris qu’exprime sans retenue notre premier ministre (François Legault) à l’égard des politiques sociales qui ont forgé notre société — celles qui sont cœur de notre réseau de services à la petite enfance et à travers desquelles les Québécoises ont pu s’épanouir non seulement comme mère, mais aussi comme travailleuse — nous enrage au plus haut point. Chers parents, on compte sur vous pour décider des orientations prioritaires, ainsi que des valeurs et des institutions qu’on souhaite préserver et valoriser chez nous. »

Et le mouvement Ma place au travail renchérit. « En fait, nous avantageons tous les partis qui proposent de maintenir l’entente de 6 milliards établie en août dernier avec le Québec, que ce soit les Libéraux, le Bloc québécois, le Parti vert ou le NPD. Nous sommes un mouvement apartisan et donc ce qui nous intéresse, ce ne sont pas les partis, mais quel est le meilleur plan pour consolider le réseau des services de garde, qui, en ce moment, est en crise. En ce sens, nous considérons que des crédits d’impôt ne sont pas la solution. Ils ne permettront pas de compléter le réseau, de créer des places, d’améliorer les conditions de travail des éducatrices ou de subventionner les garderies non-subventionnées. C’est une mesure qui est complètement déconnectée de la crise que l’on vit en ce moment », nous écrit Ma place au travail.

Les conservateurs font valoir qu’avec  leur plan, « les principaux avantages iront aux familles qui gagnent moins de 50 000 $. Les familles à revenu faible et moyen en bénéficieront le plus — la garde d’enfants étant beaucoup plus abordables. Le Plan de rétablissement du Canada va permettre aux parents de décider maintenant ce qui convient le mieux à leurs enfants et non d’attendre la création de place dans un horizon de plusieurs années. »