« Chu d’bonne humeur, l’école est finie… »

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C’est pour la plupart des élèves du Québec, la dernière journée de classes aujourd’hui. Certains auront depuis hier, pris un peu d’avance.

Des centaines de milliers d’élèves québécois des niveaux préscolaires et primaires prennent aujourd’hui la route des vacances, au terme d’une année compliquée et difficile. La crise sanitaire les aura privés de temps de classe, de la proximité de leurs amis et professeurs, de même que leurs activités parascolaires. Tout un tissu social s’est effrité au cours des derniers mois.

Geneviève Soucy est directrice du Centre de services scolaire de Kamouraska–Rivière-du-Loup. Elle a la responsabilité de 7 000 élèves de tous les niveaux, répartis dans 35 établissements (primaire, secondaire et centre de formation). À eux s’ajoutent 900 employés, dont 500 enseignants. En cette dernière journée de classes, Mme Soucy a fait le tour de ses directions d’école. « La dernière journée, c’est toujours particulier pour les élèves. Il y avait cette belle frénésie. On quitte nos élèves, les élèves qui quittent leurs professeurs et leurs amis pour les vacances. Dans les dernières journées, il y a de la joie. Des souvenirs pour les finissants des 6e qui s’en vont au secondaire, les plus grands qui s’en vont au cégep. C’est un sentiment de fierté. De se dire qu’on a réussi à passer au travers de cette année là, ensemble, parce qu’ensemble on reste toujours plus forts. »

Mme Soucy observe que les plus petits ont fait preuve de résilience et d’adaptation. « Ça a été une année qui a demandé beaucoup, à tout le monde. On est contents qu’ils aient pu terminer l’année à l’école. On en a pour quelques années à combler ce qui a pu être manqué. Les prochaines années vont être différentes, mais tout aussi importantes. »

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Johanne Lussier est directrice de quatre écoles dans le Bas-St-Laurent. Elle semble sereine à la tombée d’une année hors-norme. Ses élèves ne semblent pas en avoir trop souffert de la crise sanitaire. Ce sont véritablement des écoles de proximité. « Je suis à L’Isle-Verte en ce moment. Ici, à l’École Moisson-d’Arts j’ai 120 élèves. J’ai une autre petite école à Saint-Paul-de-la Croix où j’ai 16 élèves, l’école de la Chanterelle. À Notre-Dame-du-Sourire j’ai 56 élèves, des quatre ans, jusqu’à la 3e année. Et à l’École Riou de Saint-Francois-Xavier, j’ai une quarantaine d’élèves. Ça n’a pas été une année facile, mais les enfants sont très résilients. Ils sont contents cette semaine. On leur a organisé de belles activités avec des jeux gonflables à l’école, comme on ne pouvait pas faire de sorties. Ça s’est bien passé avec l’enseignement à distance. Les enfants sont revenus en présentiel depuis un bout de temps déjà. Ils sont contents de finir l’année. Tous les ans, c’est la même chose. La dernière semaine, ils sont tout le temps très heureux, ils font du ménage, des activités et ils restent disciplinés », affirme Mme Lussier. Pour la rentrée d’automne, elle ne veut pas s’avancer. « On va voir où on va être rendus, on ne peut pas faire de plans à cette étape ».

Le Bas-St-Laurent compte plus d’une centaine d’écoles, la plupart étant dédiées aux niveaux préscolaires et primaires. Rappelons que la loi canadienne oblige les enfants à être scolarisés à partir de l’âge de 5 ou 6 ans, et ce, jusqu’à l’âge de 16 ou 18 ans, selon la province ou le territoire. En 2018-2019, 91 % des élèves fréquentaient un établissement d’enseignement du réseau public au Canada, rapporte Statistiques Canada. Selon les chiffres du ministère de ministère de l’Éducation du Québec, le réseau public a accueilli 1 231 078 élèves au cours de l’année 2018-2019. De ce nombre, 77 % étaient inscrits en formation générale des jeunes, 14 % en formation générale des adultes et 9 % en formation professionnelle.