Boralex veut doubler sa puissance installée d’ici 2025

© Parcs éoliens de Boralex au Témiscouata

L’entreprise québécoise Boralex souhaite doubler sa puissance installée dans le monde en la faisant passer de 2 455 MW à près de 5 000 MW.

Pour y arriver, Boralex sonde actuellement les marchés européens et américains à la recherche de terrains à exploiter. Et elle fonce tête baissée pour inonder le marché américain de ses panneaux solaires. « On prévoit d’ici 2025 doubler notre puissance installée. Ça se fera beaucoup par l’entremise de projets solaires aux États-Unis : il y a de la ressource et du territoire. Et les États-Unis ont pris du retard en matière de transition énergétique et pour assurer leur décarbonation », précise Isabelle Fontaine, directrice Affaires publiques et communications chez Boralex. On en déduit que le Canada n’est ni ne sera, le premier marché de Boralex.

En France, l’entreprise s’associe à Sun’Agri avec qui elle installe des panneaux solaires orientables sur des terres agricoles. Ce ne sera pas le cas au Québec où la filière de l’éolien est de loin plus prometteuse, même parfois plus compétitive que certains grands projets hydroélectriques, affirme Isabelle Fontaine. « L’agrivoltaïsme est intéressant en France notamment parce qu’il y a un enjeu d’accès au territoire et ça nous permet d’utiliser des terrains déjà développés ». Au Québec, les conditions climatiques et l’ensoleillement tirent le solaire vers le bas, dit-elle.

Une éolienne pèse 230 tonnes. Le diamètre du rotor fait 92 mètres, la nacelle s’élève à 85 mètres et les pales mesurent 43,8 mètres

Les vents sont favorables au Québec
Boralex voit encore plus loin. L’objectif de 5 000 MW sera doublé d’ici 2030 pour atteindre une puissance installée de 10 000 à 12 000 MW. Isabelle Fontaine qui se garde bien de dire où Boralex souhaite placer ses pions dans ses différents marchés. Boralex est aussi peut-être en train de faire connaître ses intentions, avec une petite idée derrière la tête. Comme on dit, à bon entendeur… « La ressource éolienne québécoise est particulièrement bonne et notamment en hiver. La consommation électrique de pointe est aussi hivernale ». Il y a plus de vent l’hiver, nous fait remarquer Mme Fontaine.

Et les vents sont favorables: le gouvernement du Québec qui vient d’annoncer qu’il souhaite accroître de 300 MW la production d’énergie éolienne dès l’an prochain et encore en 2029, notamment avec le solaire? « Nous, on trouve que 300 MW ce n’est pas grand-chose par rapport aux besoins du Québec et aux opportunités » qui s’offrent à la province, de dire Isabelle Fontaine. « On évalue que le potentiel éolien québécois pourrait facilement tripler et passer des 4 000 MW actuels à 12 000 MW », ajoute-t-elle. D’autant que Québec lorgne des projets d’exportation d’énergie propre vers les états de New York et du Massachusetts en particulier.

Tony Chouinard, superviseur des sites éoliens chez Boralex.

Les parcs éoliens du Témiscouata
Boralex exploite dans le Bas-Saint-Laurent, les Parcs éoliens du Témiscouata à Saint-Honoré. Le Témiscouata 1 a été développé avec la collaboration du milieu et de la MRC. Les dix éoliennes qui y sont installées génèrent 25 MW. Boralex est aussi propriétaire du Témiscouata 2, où 22 éoliennes produisent 52 MW. Ces parcs représentent une autre forme d’agrivoltaïsme. « On cohabite avec beaucoup d’acériculteurs et on garde une certaine distance avec les érablières. »

Boralex compte-t-elle pour autant étendre ses pales et tentacules dans la région? « On n’a pas abandonné le potentiel de développement du Témiscouata. On avait déposé en 2013, lors du dernier appel d’offres du gouvernement un projet de 225 MW qui n’a pas été retenu. [C’est trois fois plus que sa production actuelle au Témiscouata…]. C’est un potentiel qui existe encore et qu’on peut réévaluer » explique Isabelle Fontaine de Boralex (photo). D’autant que « les technologies se sont améliorées. Les éoliennes sont plus efficaces et produisent plus ». Boralex va-t-elle répondre favorablement à l’appel de 300 MW lancé par Québec? « Reste à voir les conditions. On veut évaluer le potentiel de ce site et des autres. Et parler à nos partenaires communautaires aussi ».

Boralex qui s’interroge aussi sur le potentiel du site de la Seigneurie de Beaupré, précise Mme Fontaine. « Tout est sur la table. C’est clair qu’on développera des parcs éoliens au Québec ». Mais où? Isabelle Fontaine se garde bien de montrer ses cartes. Cela dit, le Plan stratégique 2025 de Boralex en dévoile certainement la couleur.

« Dans tous les territoires, que ce soit en France, au Québec ou aux États-Unis, on va chercher des initiatives qui vont s’adapter aux territoires et on va s’installer dans les communautés de façon durable. On est le développeur, le constructeur et l’opérateur du projet jusqu’à sa fin de vie » de conclure Isabelle Fontaine.