De plus en plus de Canadiens refilent leurs abonnements aux services de diffusion

La Presse Canadienne | 6 novembre 2026 | 11:21
Des boutons de raccourci vers les services de diffusion en continu Netflix et Prime Video d’Amazon sont visibles sur la télécommande d'un téléviseur à Ottawa, le 24 août 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Justin Tang

Un nouveau sondage met en lumière la manière dont les Canadiens payent pour la télévision à une époque où les options de diffusion en continu se multiplient et où les tarifs sont globalement plus élevés.

L’enquête menée par l’Institut Angus Reid suggère que les Canadiens sont aujourd’hui plus nombreux à résilier leurs abonnements aux services de diffusion qu’il y a quatre ans — même si, pendant cette période, le nombre de services auxquels de nombreuses personnes sont abonnées a également augmenté.

Le sondage indique que plus d’un quart des Canadiens sont abonnés à au moins quatre services, contre 17% en 2022.

Par ailleurs, le sondage montre que le nombre de Canadiens ayant résilié au moins un abonnement au cours des six derniers mois est passé de 32% à 37%.

Il révèle également que le nombre de personnes interrogées ayant résilié plus d’un abonnement a plus que doublé, passant de 8% à 17%.

Les deux tiers des personnes interrogées ayant résilié un abonnement à un service de diffusion ont déclaré l’avoir fait parce que celui-ci était trop cher, tandis que 32 % ont indiqué que c’est qu’ils ne l’utilisaient plus.

L’Institut Angus Reid a interrogé en ligne 1806 adultes canadiens du 19 au 22 octobre, et 84 % d’entre eux ont déclaré être abonnés à au moins un service de diffusion en continu.

Le Conseil de recherche et d’intelligence marketing canadien, un organisme sectoriel chargé de promouvoir les normes en matière de sondages, précise qu’il n’est pas possible d’attribuer une marge d’erreur aux sondages en ligne, car ceux-ci ne reposent pas sur un échantillonnage aléatoire de la population.

Les services de diffusion les plus populaires étaient Prime Video et Netflix, auxquels 62% et 60% des personnes interrogées ont déclaré être abonnées. Venaient ensuite Disney Plus avec 30% et Crave avec 29%.

Le paysage de la diffusion en continu s’est considérablement élargi depuis le lancement de Netflix au Canada en 2010. Parmi les arrivants les plus récents, on peut citer Paramount Plus en 2021, Pluto TV (un service gratuit financé par la publicité) en 2022, ainsi que la transformation de CityTV Plus, qui est passée d’une chaîne complémentaire sur Prime à un service de diffusion autonome en 2025.

Même le guide de diffusion en ligne JustWatch, destiné à aider les téléspectateurs à savoir sur quelles plateformes sont diffusées les émissions qui les intéressent, a lancé le mois dernier son propre service de diffusion au Canada. 

L’enquête s’est également penchée sur les abonnements au câble traditionnel des Canadiens. Elle suggère que ceux-ci continuent de reculer.

Le sondage indique qu’environ la moitié des Canadiens sont abonnés à la télévision par câble ou par satellite, contre 71 % en 2018 et 88 % en 2012.

Shachi Kurl, présidente de l’Institut Angus Reid, a affirmé qu’il s’agissait en quelque sorte d’une énigme.

«Nous constatons que les Canadiens vivent deux phénomènes simultanément. D’une part, ils sont moins satisfaits de leur expérience de diffusion en continu. D’autre part, ils trouvent que (…) le rapport qualité-prix n’est tout simplement plus au rendez-vous», a-t-elle déclaré par téléphone. 

Certains services proposent désormais des formules moins chères financées par la publicité, mais même ces tarifs sont plus élevés que ne l’étaient autrefois les abonnements sans publicité, a-t-elle ajouté.

«Il n’est pas rare qu’une entreprise de diffusion vous dise: “Pourquoi ne pas vous abonner à l’année ? Nous vous ferons bénéficier d’une réduction.” Mais quand on commence à additionner réellement le coût total de tout cela, le résultat peut être assez déconcertant, a-t-elle affirmé. Mais en même temps, la technologie nous a engagés dans une voie telle que, malgré tout cela, on n’assiste pas pour autant à un retour en masse vers le câble.»