Dépenses des Fêtes : les Québécois plus frugaux et moins stressés
Des consommateurs marchent au centre-ville de Montréal durant le vendredi fou le vendredi 29 novembre 2024. LA PRESSE CANADIENNE/Christinne Muschi Le consommateur québécois moyen appréhenderait les Fêtes avec moins d’anxiété que le Canadien moyen, selon un sondage de la firme Léger effectué pour le compte du Conseil canadien du commerce de détail (CCCD).
Les Québécois prévoient dépenser moins que la moyenne des Canadiens. Ils accordent une plus grande importance aux rabais et se disent moins enclins aux achats impulsifs durant les Fêtes.
Leur budget augmente, toutefois, contrairement à la tendance dans le reste du pays. Ils sont moins nombreux à affirmer que la période de magasinage des Fêtes est une période stressante.
«Au Québec, ça veut dire qu’il y a de la confiance quand même, résume le président du CCCD pour le Québec, Michel Rochette, en entrevue. Les Québécois, ce qu’on voit cette année, c’est qu’ils vont être davantage calculateurs. Ils vont faire davantage de planification.»
Les consommateurs québécois prévoient dépenser, en moyenne, 664 $ pour les Fêtes, le montant le plus bas au Canada. Contrairement aux consommateurs canadiens, leur budget augmente de 44 $, ou 7 %, par rapport à l’an dernier.
Dans le reste du Canada, les consommateurs établissent un budget de 985 $, soit une diminution de 97 $, ou 9 %, par rapport à la même période l’an dernier, selon le sondage en ligne effectué auprès de 2 500 Canadiens à la fin août et au début du mois de septembre.
Pour 17 % des Québécois, le «stress financier» est l’une des trois émotions prédominantes à l’approche des Fêtes, contre 24 % dans le reste du Canada.
Le quart (25 %) des répondants québécois affirment que leurs préoccupations sur l’économie influenceront leurs dépenses des Fêtes, contre 31 % dans le reste du pays.
Près de la moitié des Québécois (48 %) trouve que le magasinage des Fêtes est une source de stress. C’est tout de même moins que le taux de 58 % dans les autres provinces.
Le Conseil de recherche et d’intelligence marketing canadien précise qu’une marge d’erreur ne peut être attribuée aux sondages en ligne, car ils ne procèdent pas à un échantillonnage aléatoire de la population.
Achat local : un intérêt conditionnel
L’engouement pour l’achat local «a bondi l’an dernier, mais est toujours très fort maintenant» dans la foulée des tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis, constate M. Rochette.
Les Québécois sont 86 % à répondre qu’ils seraient plus susceptibles d’acheter un produit avec la mention «fabriqué au Canada», mais 56 % de tous les répondants précisent que c’est à condition que le prix soit raisonnable.
«La fierté dans l’achat, elle est toujours présente, mais la valeur également, c’est ce qui va conclure la vente, analyse M. Rochette. Donc oui, l’achat local est extrêmement important, mais au bon prix.»
Les Québécois veulent surveiller de près les aubaines au cours de cette importante période d’achats. Le rapport qualité-prix est le critère le plus important au Canada, mais c’est encore plus notable au Québec à 46 %, contre 36 % dans le reste du pays.
Pas grincheux, ou presque…
Les nombreuses questions du sondage permettent de constater que les émules du Grincheux sont minoritaires partout au pays.
Pour la moitié des Québécois (50 %), le «plaisir anticipé» à l’idée de voir leur proche avant les Fêtes est l’une de trois émotions prédominantes qu’ils ressentent. Le bonheur arrive deuxième à 28 % et l’enthousiasme troisième à 21 %. Les réponses sont relativement similaires dans le reste du pays.
Les Québécois ont toutefois beaucoup moins envie d’entendre la musique de Noël en faisant leurs emplettes dans des commerces décorés. Seuls 15 % ont hâte de retrouver une «ambiance d’achat festive», contre 39 % dans le reste du pays.