Carney annonce un éventuel programme de remises à l’achat de thermopompes
Le premier ministre Mark Carney s'adresse aux médias lors de sa visite chez Dettson, fabricant de systèmes de chauffage, de ventilation et de climatisation résidentiels et commerciaux à Sherbrooke (Québec), le jeudi 8 octobre 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Christinne Muschi Le premier ministre Mark Carney annonce jeudi son intention de mettre en place un nouveau programme permettant à tous les ménages canadiens qui ont besoin de changer leur système de chauffage vieillissant d’accéder rapidement à des subventions pour migrer vers une thermopompe.
Le programme, qu’Ottawa finalise dans le but qu’il soit lancé au début de 2027, vise à donner accès à une remise allant jusqu’à 10 000 $ pour les ménages se situant en deçà du revenu médian et de 2000 $ pour ceux qui se situent au-dessus.
«Les thermopompes sont moins chères et plus propres que les fournaises à l’huile ou à l’électricité et elles sont de deux à trois fois plus efficaces», a lancé le premier ministre en visite chez un manufacturier de thermopompes à Sherbrooke.
«Nous réduisons les coûts, diminuons les émissions et bâtissons une économie plus forte et plus durable pour tous», a ajouté M. Carney en soulignant les propriétés écoénergétiques des thermopompes.
Cette nouvelle proposition est, «en grande partie», la suite d’un ancien programme, «Subvention canadienne pour des maisons plus vertes», a indiqué un fonctionnaire au cours d’une séance d’information technique destinée aux journalistes.
Cette fois-ci, l’idée est de rendre les remises accessibles tant à des personnes qui ont un chauffage au mazout, qu’au propane ou aux plinthes électriques.
Ottawa étudie la possibilité de rendre les subventions accessibles rétroactivement à cet automne.
Mark Carney avait promis, lors de la course à la succession de l’ex-premier ministre Justin Trudeau, plusieurs mesures pour aider les Canadiens à rendre leur domicile plus écoénergétique.
C’est aussi durant cette course qu’il avait promis de mettre la hache dans la tarification du carbone pour les consommateurs, engagement qu’il a respecté dès qu’il a accédé au poste de premier ministre.
Diminution de GES selon Mark Carney
Ottawa estime que l’effet du programme à venir entraînerait une réduction d’émissions de gaz à effet de serre de 25 mégatonnes sur 20 ans.
Un peu avant que le premier ministre fasse son annonce jeudi matin, l’Institut climatique du Canada diffusait dans son rapport annuel des estimations voulant que les émissions totales du Canada aient augmenté d’environ 1 % en 2025, année où Mark Carney a pris le pouvoir.
Les émissions de GES auraient atteint 691 millions de tonnes de dioxyde de carbone, ce qui équivaudrait aux émissions produites par 161 millions de véhicules particuliers à essence circulant pendant un an.
L’Institut climatique du Canada soutient que «l’augmentation des émissions du Canada est survenue en même temps que les gouvernements ont supprimé ou affaibli d’importantes politiques en matière de climat, tout en planifiant des projets à forte intensité d’émissions».
Questionné à savoir pourquoi les Canadiens devraient faire des efforts de diminution des GES dans leur foyer alors que le gouvernent investit massivement dans le secteur pétrolier, le plus polluant du pays, Mark Carney a répondu en critiquant le gouvernement de Justin Trudeau et en vantant son programme sur les thermopompes.
«L’ancien gouvernement avait une approche avec de bonnes intentions, avec quelques politiques qui fonctionnent, mais plusieurs qui ne fonctionnent plus», a-t-il dit.
Il a également cité un «monde qui change», plus «divisé et plus dangereux» où l’on doit faire face à «des crises d’abordabilité».
Il a ajouté que le nouveau programme sur les thermopompes permet 1400 $ par année de retour sur l’investissement pour le ménage moyen.
«Ça, c’est une politique climatique et une politique d’abordabilité», a fait valoir le premier ministre.
Il a fait valoir que le programme à être lancé permettra aux ménages de rentabiliser plus rapidement l’achat coûteux d’une thermopompe.
«Nous allons réduire ce délai. Grâce à notre nouveau programme, les ménages vont recevoir une remise de 2000 $, ce qui va ramener la période à cinq ans. Ajoutez à ça la subvention d’Hydro-Québec d’environ 3000 $, et on tombe à seulement trois ans», a dit le premier ministre.
Le gouvernement fédéral prévoit une enveloppe de 2 milliards $ sur huit ans pour son programme qui vise à rénover un million de logements.
Des consultations avec l’industrie doivent encore avoir lieu, mais la durée de huit ans visait à répondre à une demande de prévisibilité.
Bien que le lancement du programme attendra, Ottawa s’engage déjà à ce que les Canadiens souhaitant en bénéficier puissent avoir, en 24 heures, une confirmation de leur admissibilité.
Ensuite, on promet que les bénéficiaires recevront leur remise cinq jours après avoir fourni leurs factures à travers un portail en ligne qu’on annonce, à l’avance, comme étant convivial.
Lors d’un breffage technique à l’intention des médias jeudi matin, des fonctionnaires fédéraux ont rappelé que le chauffage représente la part la plus importante de la facture en énergie des Canadiens et que plus de sept millions de ménages chauffent encore leur logement au mazout, au propane ou au diesel au pays.
Au Québec, la majorité des résidents se chauffe à l’aide de plinthes électriques.
Les thermopompes «consomment moins de 50 % de l’électricité utilisée par les fournaises électriques et les plinthes», a souligné l’un des fonctionnaires.