Flambée des prix du diesel: les consommateurs risquent d’en subir les contrecoups

La Presse Canadienne | 29 septembre 2026 | 14:47
Une pompe de carburant diesel est photographiée dans une station-service d’Ottawa le dimanche 27 septembre 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Chris Tanouye

Le prix du diesel connaît une forte hausse, atteignant de nouveaux sommets au cours du dernier mois. Les répercussions potentielles touchent tous les secteurs de l’économie.

Selon Ressources naturelles Canada, le prix du diesel à la pompe a dépassé mardi les 2,64 $ le litre, soit une hausse d’environ 60 % par rapport à la période précédant la guerre en Iran et d’environ 15 % par rapport aux précédents records atteints en 2022.

Les perturbations de l’approvisionnement causées par la fermeture du détroit d’Ormuz ont entraîné une baisse de la production énergétique depuis sept mois déjà. Cette voie navigable cruciale étant bloquée, de nombreuses raffineries ont considérablement réduit leur production.

Selon les experts, la hausse des coûts des carburants se traduira par une augmentation des prix de nombreux produits, comme les denrées alimentaires, les vêtements ou les matériaux de construction. 

Ces hausses sont anticipées pendant les mois à venir, car la demande de diesel devrait augmenter davantage à l’approche de l’hiver.

Le coût d’un aller-retour effectué par un semi-remorque entre Montréal et Toronto aurait été d’environ 850 $ le 1er janvier. Aujourd’hui, ce montant s’élèverait à 1400 $, a souligné Mike Millian, président de l’Association canadienne du camionnage d’entreprise.

«Le carburant a toujours été le deuxième poste de dépense d’une flotte de camions, après les salaires. Aujourd’hui, c’est probablement le carburant le plus élevé», a expliqué M. Millian, dont l’association représente environ 200 entreprises disposant de leurs propres flottes, notamment Tim Hortons, Home Hardware et Loblaw.

«C’est vraiment dramatique. C’est difficile à absorber.»

Le prix du diesel a un impact direct sur tous les secteurs, des coûts des agriculteurs aux marges bénéficiaires des transporteurs routiers, et toute entreprise dépendant du transport maritime risque de subir cette flambée prolongée des prix.

«Tout le monde est frappé, a déploré M. Millian. Personne n’est épargné.»

Même si un accord visant à rouvrir le détroit d’Ormuz était conclu demain, les consommateurs devraient probablement attendre plusieurs mois avant de voir les prix baisser.

Ce décalage s’explique en partie par le temps nécessaire pour mettre en œuvre des changements majeurs dans une chaîne d’approvisionnement mondiale fragile, de la remise en service des puits de pétrole jusqu’au transport du pétrole brut vers les raffineries.

«C’est un peu comme un train qui avance très lentement: quand on l’arrête, le remettre en marche pose des difficultés particulières», a expliqué Ross Prentice, cofondateur d’Evotrux, une plateforme en ligne mettant en relation expéditeurs et transporteurs.

Le supplément lié au carburant pour le fret ferroviaire en octobre est désormais supérieur de 73 % aux niveaux enregistrés début août, selon des données de la Compagnie des chemins de fer du Canada (CN) et du Canadian Pacific Kansas City (CPKC).

Les expéditeurs et les détaillants confrontés aux coûts supplémentaires de transport se retrouvent souvent contraints d’augmenter leurs prix.

«Si vous êtes un épicier indépendant, que votre marge globale est de 2 % et que vos fournisseurs vous facturent des suppléments liés au carburant, vous vous retrouvez dans une situation précaire», a expliqué Gary Sands, de la Fédération canadienne des épiciers indépendants, qui représente environ 6900 magasins.

«Il devient très difficile de ne pas refiler ces coûts.»