«C’est un grand honneur»: Roch Voisine est intronisé au Panthéon

La Presse Canadienne | 26 septembre 2026 | 13:11
Roch Voisine sur le tapis rouge du gala du Panthéon de la musique canadienne à Calgary, le 15 mai 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Dave Chidley

Roch Voisine sera intronisé samedi soir au Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens, un honneur qui reconnaît les 40 ans de carrière de cet auteur-compositeur-interprète qui a su aussi bien séduire son public en français qu’en anglais.

À quelques heures de son intronisation au Massey Hall, à Toronto, Roch Voisine ne cachait pas sa fébrilité, entouré de ses enfants, de sa conjointe, et de toute son équipe rapprochée pour cette journée bien spéciale.

«C’est un grand honneur. C’est la première fois qu’on souligne vraiment mon apport en tant qu’auteur-compositeur à la musique canadienne», confie-t-il au bout du fil.

Au départ, rien ne prédestinait ce joueur de hockey à une carrière musicale. C’est une prestation en 1986 à La Ronde, à Montréal, à l’occasion de la fête du Canada, qui viendra tout changer.

«C’était un test, ça s’était à peu près bien passé, se remémore-t-il. On m’a « booké » sur ce spectacle-là, un peu pour me prouver que, même pas connu, si j’apparaissais sur scène et que je chantais, les gens aimeraient ça.»

«On a voulu me convaincre, je pense, avec cette expérience-là, et ça a marché», ajoute-t-il.

Le natif d’Edmundston, au Nouveau-Brunswick, a rapidement pavé la voie à de nombreux artistes québécois — notamment Isabelle Boulay, Garou ou encore Corneille — grâce à son succès fulgurant en France avec la sortie de l’album «Hélène», en 1989.

Roch Voisine a d’ailleurs remporté l’année suivante le prix de l’Album francophone de l’année lors des Victoires de la musique en France.

«Je suis arrivé vraiment comme un des premiers qui a fait le numéro un à la radio, le numéro un à la télé, numéro un peu partout», se souvient-il.

«Ça a été quand même un peu défrichage à l’époque, raconte-t-il. Les gens n’étaient pas habitués à l’accent, ils n’étaient pas habitués à notre façon de travailler. (…) Donc on s’est adapté, mais ça a très bien fonctionné, c’est un public extraordinaire.»

Naviguer entre deux langues

Pourtant, Roch Voisine n’était pas nécessairement voué à la chanson francophone. 

Son succès, «Hélène», était d’ailleurs au départ une chanson en anglais, rappelle l’auteur-compositeur-interprète.

«À la suite de tout ça, comme il y a eu beaucoup de succès du côté francophone mondial, il fallait arriver avec un album quand même tous les ans», indique-t-il.

«Le matériel original était habituellement à 100 % en anglais. Donc, il a fallu se trouver un peu une méthode, un système», précise le Néo-Brunswickois.

Car il ne suffit pas de traduire littéralement des paroles anglophones en français pour en faire une chanson, explique-t-il. La différence entre les deux langues est beaucoup plus complexe que cela.

«Francis Cabrel le disait lui-même. Le français est une langue très difficile, dans laquelle il est très difficile d’écrire, d’être poétique et d’être, comment dire… doux», illustre Roch Voisine.

«Alors que l’anglais, on peut expliquer beaucoup de choses en très peu de mots.»

Quand on demande à Roch Voisine de quelle composition il est le plus fier dans sa carrière, il avoue qu’il est «impossible» pour lui de faire un choix.

S’il cite certains de ses succès commerciaux, comme «I’ll Always Be There», il se remémore aussi l’hymne officiel qu’il a composé pour l’équipe canadienne aux Jeux olympiques de Sotchi, en 2014, ou encore de ses interprétations de chansons de Noël.

«Ce dont je suis le plus fier, c’est peut-être d’avoir tout fait ça à la suite et de l’avoir fait pendant presque 40 ans, puis d’être encore là», avance-t-il.

L’auteur-compositeur-interprète n’est d’ailleurs pas près de s’arrêter en si bon chemin, alors qu’il sort à la fin octobre un album hommage à Gordon Lightfoot.

«C’est un grand auteur-compositeur-interprète canadien, sinon le plus grand, estime-t-il. C’est le premier album que j’ai acheté. J’avais joué ça dans ma chambre, j’ai essayé de l’imiter, ça m’a donné le goût d’apprendre la guitare.»

Il prépare aussi une tournée où il interprètera ces chansons de Gordon Lightfoot et certains de ses classiques pour début novembre.

D’autres intronisés au Panthéon

Leslie Feist et Tragically Hip, des figures marquantes de la scène canadienne, seront également honorés samedi soir lors de la cérémonie d’intronisation, tout comme Mike Reno et Paul Dean du groupe Loverboy.

Le gala sera animé par George Stroumboulopoulos et Marie-Mai.

Plusieurs vedettes doivent présenter des numéros tout au long de la soirée, dont Isabelle Boulay, Ludovick Bourgeois et Sara Dufour.

Le chanteur principal du groupe Wilco, Jeff Tweedy, doit interpréter des chansons de Leslie Feist. 

Les groupes Our Lady Peace et City and Colour interpréteront des chansons de Tragically Hip. Le groupe sera présenté par le cinéaste montréalais Jay Baruchel.

Marie-Philip Poulin et Laura Stacey, Jim Vallance, Boi-1da et Bruce McCulloch, seront aussi à l’affiche.

Le gala sera diffusé sur la chaîne Twitch d’Amazon Music et dans l’application Amazon Music. Elle sera également offerte en diffusion sur Prime Video au Canada.