L’APN s’opposera à toute atteinte aux droits autochtones dans les grands projets

La Presse Canadienne | 15 juillet 2026 | 13:29
La cheffe nationale de l'Assemblée des Premières Nations, Cindy Woodhouse Nepinak, prononce un discours lors de l'Assemblée générale annuelle 2026 de l'APN, à Ottawa, le mardi 14 juillet 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Justin Tang

Les chefs des Premières Nations ont déclaré mercredi qu’ils s’opposeraient à toute mesure prise par les gouvernements fédéral et provinciaux pour accélérer la mise en œuvre de grands projets qui porterait atteinte à leurs droits et aux actions de protection de l’environnement.

Ils ont adopté deux résolutions lors de l’assemblée générale annuelle de l’Assemblée des Premières Nations (APN) à Ottawa, confirmant cette position et engageant l’APN à s’opposer à toute législation ou politique qui affaiblirait leurs droits ou porterait atteinte à leur participation dans les processus décisionnels.

Veronica Smith, cheffe des Chippewas de Nawash, a indiqué que les récentes mesures fédérales visant à accélérer les grands projets d’infrastructure «ont suscité des inquiétudes parmi les Premières Nations de tout le Canada, car les efforts visant à accélérer l’approbation des projets risquent de compromettre la mise en œuvre effective du consentement libre, préalable et éclairé, des relations issues des traités, des responsabilités en matière de gestion environnementale et de la prise de décision de nation à nation».

De nombreuses Premières Nations ont exprimé leurs inquiétudes concernant le programme du premier ministre Mark Carney relatif aux grands projets. Les appels à une rencontre entre les chefs et les premiers ministres se sont intensifiés l’année dernière lorsque les gouvernements fédéral et provinciaux ont commencé à discuter entre eux des moyens d’accélérer la mise en œuvre de grands projets d’infrastructure.

Dans son discours d’ouverture prononcé mardi devant l’assemblée, la cheffe nationale de l’APN, Cindy Woodhouse Nepinak, a affirmé qu’il avait été difficile d’organiser cette rencontre prévue cet automne entre les premiers ministres et les chefs de tout le pays, et qu’elle ne devait pas être la dernière du genre.

Mme Woodhouse Nepinak a indiqué aux chefs que le cabinet du premier ministre avait confirmé que la réunion aura lieu en octobre.

L’APN est un organisme national de défense des droits qui reçoit ses orientations de quelque 630 chefs des Premières Nations par le biais d’assemblées spéciales et d’assemblées générales annuelles.

Lors de cette réunion, les chefs débattront et voteront sur 53 résolutions portant sur divers sujets, notamment le dossier des grands projets, la situation de la protection de l’enfance au sein des Premières Nations, les règles relatives au statut en vertu de la Loi sur les Indiens, ainsi que des appels lancés au Vatican pour qu’il annule une série de décrets papaux.

La ministre des Services aux Autochtones, Mandy Gull-Masty, devrait également assister au rassemblement de l’APN pour évoquer la stratégie fédérale en matière de logement et d’infrastructures.