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L’UPA et la FPFQ dénoncent la concurrence de la forêt publique au détriment des producteurs privés
Crédit photo : Courtoisie Réunies en conférence de presse à Rivière-du-Loup, l’Union des producteurs agricoles et la Fédération des producteurs forestiers du Québec ont interpellé les partis politiques concernant ce qu’elles qualifient de concurrence déloyale exercée par la forêt publique envers les producteurs forestiers privés.
Les deux organisations soutiennent que le projet de loi no 11, déposé par le gouvernement sans consultation préalable, accentuera un déséquilibre déjà dénoncé depuis plusieurs années. Selon elles, les nouvelles règles entourant l’attribution et le prix du bois issu des forêts publiques rendraient cette fibre artificiellement moins coûteuse, ce qui nuirait directement à la mise en marché du bois provenant des forêts privées.
Au Québec, les lots boisés de quelque 162 900 propriétaires forestiers représentent 36 % de la possibilité forestière, mais seulement 23 % des approvisionnements de l’industrie. Les activités liées à la récolte et à la transformation du bois génèrent néanmoins des revenus de 4,7 milliards de dollars et soutiennent plus de 24 000 emplois.
Le président de la Fédération des producteurs forestiers du Québec, Gaétan Boudreault, affirme que les producteurs ne peuvent rivaliser avec un bois public vendu à des prix qu’il juge dérisoires. Il demande à l’État de vendre son bois à sa juste valeur plutôt que de le céder à rabais.
De son côté, le président général de l’UPA, Martin Caron, estime que les partis politiques devront prendre position clairement durant la prochaine campagne électorale afin de régler définitivement cet enjeu de mise en marché.

Les organisations rappellent que le principe de résidualité, instauré dans les années 1980, prévoit que le bois provenant des forêts publiques doit compléter celui des forêts privées et non entrer en concurrence avec lui. Elles déplorent toutefois qu’aucun gouvernement n’ait proposé de solution concrète pour prioriser l’achat du bois des producteurs privés.
Selon la FPFQ, la solution passe notamment par une meilleure priorisation du bois issu des forêts privées, un meilleur arrimage entre l’offre de bois et la forêt publique, ainsi que des conditions de mise en marché plus stables pour les producteurs.
Le premier vice-président de la fédération, André Roy, soutient qu’il s’agit d’une question d’équité pour assurer des revenus stables aux producteurs forestiers. Le deuxième vice-président, Pierre Lemieux, ajoute que les producteurs souhaitent désormais obtenir des engagements fermes des partis politiques concernant la protection des marchés, le soutien à la filière forestière et l’allègement réglementaire.
L’UPA et la FPFQ annoncent qu’un questionnaire commun sera transmis à toutes les formations politiques afin de faire de cet enjeu un thème incontournable de la prochaine campagne électorale.