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Polestar 4, déroutant et franchement séduisant
Photo courtoisie Par Marc Bouchard
Il suffit d’un regard pour comprendre que le Polestar 4 n’est pas un véhicule comme les autres. La marque suédoise, cousine de Volvo mais résolument plus audacieuse, a décidé de brouiller les cartes avec un modèle qui refuse les traditions. Ce n’est pas tout à fait un VUS, pas vraiment une berline, encore moins un coupé traditionnel. C’est un peu tout ça à la fois, emballé dans une silhouette spectaculaire qui attire les regards partout.
Et honnêtement, c’est probablement l’un des véhicules électriques les plus réussis visuellement actuellement sur nos routes. Bas, large, avec une ligne de toit fuyante et des proportions musclées, le Polestar 4 affiche une personnalité forte sans tomber dans l’exagération. Les poignées affleurantes, l’éclairage minimaliste et les immenses roues lui donnent une présence presque athlétique et racée.
Mais un beau design ne suffit pas. Encore faut-il que le véhicule soit agréable à conduire. Et sur ce point, le Polestar 4 impressionne sérieusement.
Dans sa version Dual Motor AWD équipée de la batterie de 100 kWh, le modèle développe plus de 541 chevaux et un couple instantané capable de vous coller au siège sans avertissement. L’accélération est brutale, presque excessive pour un véhicule destiné au quotidien. Le 0 à 100 km/h se fait en environ 3,8 secondes, ce qui place ce grand multisegment dans le territoire des voitures sportives sérieuses.
Le plus étonnant, cependant, ce n’est pas la rapidité. C’est l’équilibre. Parce que malgré son poids important, le Polestar 4 réussit à masquer sa masse avec une tenue de route extrêmement convaincante. Le centre de gravité très bas aide énormément, évidemment, mais il y a aussi un vrai travail de calibrage du châssis. La direction est précise, le roulis bien contrôlé et le comportement inspire confiance même lorsque le rythme augmente. Sur une route sinueuse, le véhicule demeure stable et prévisible, avec une agilité étonnante pour un utilitaire électrique de cette taille. On peut même, en fouillant un peu, moduler la réponse de la direction ou des suspensions pour plus de sensations.
Ce n’est pas une sportive pure et dure, mais c’est un véhicule qui donne envie de conduire. Et ça, dans le monde électrique actuel, ce n’est pas toujours garanti.
Confort
Le confort mérite aussi des éloges. L’habitacle est spacieux, silencieux et extrêmement moderne. Les sièges avant offrent un excellent maintien tout en demeurant confortables sur longue distance. La suspension réussit aussi un bel équilibre entre fermeté et douceur. Même sur les routes imparfaites du Québec, le Polestar absorbe efficacement les imperfections sans jamais devenir flottant.
L’ambiance intérieure est fidèle à la philosophie scandinave : minimaliste, épurée et technologique. Les matériaux sont de qualité, les assemblages solides et l’ensemble dégage une impression haut de gamme très convaincante.
Et puis il y a l’autonomie. Avec sa batterie de 100 kWh, la version Dual Motor AWD annonce environ 435 kilomètres d’autonomie selon les estimations nord-américaines. Dans la vraie vie, avec une conduite raisonnable, il est réaliste de dépasser les 400 kilomètres sans trop de stress (J’ai même fait 420 sur autoroute). Ce n’est pas la meilleure autonomie du segment, mais c’est largement suffisant pour un usage quotidien ou pour les longs trajets entre Montréal et Québec.
La recharge rapide permet aussi de récupérer une bonne portion d’énergie en peu de temps lorsque les bornes rapides sont disponibles. Comme plusieurs véhicules électriques modernes, le Polestar 4 devient donc un compagnon routier crédible, même pour ceux qui roulent beaucoup.
Pas que des qualités
Mais voilà où les choses deviennent plus compliquées.
Parce que le Polestar 4 est aussi un véhicule qui demande une période d’adaptation… parfois un peu frustrante. Le premier élément qui choque, c’est évidemment l’absence totale de lunette arrière. Oui, vous avez bien lu. Il n’y a simplement pas de vitre arrière traditionnelle. À la place, Polestar utilise une caméra qui projette l’image dans un rétroviseur numérique.
L’idée semblait brillante sur papier. Dans la réalité, elle divise. Personnellement, je ne me suis jamais complètement habitué. La caméra offre une image claire, mais la perception de profondeur demeure étrange et le réflexe naturel de regarder derrière soi disparaît complètement. Certains conducteurs vont adorer l’approche futuriste. D’autres vont la trouver inutilement compliquée. Je fais un peu partie du deuxième groupe.
Même constat pour l’ergonomie générale. Presque tout passe par l’écran central : réglages des rétroviseurs, ventilation, fonctions de conduite, ajustements divers. Résultat, des opérations simples demandent souvent plusieurs manipulations. Ce n’est pas catastrophique, mais ce n’est pas intuitif non plus. En roulant, on se surprend parfois à quitter la route des yeux plus longtemps qu’on le voudrait pour accéder à une fonction pourtant banale.
C’est le prix de cette obsession moderne pour les écrans et le minimalisme absolu. Et c’est exactement ce qui résume mon sentiment face au Polestar 4.
J’ai énormément aimé ce véhicule. J’ai aimé son style spectaculaire, sa puissance impressionnante, son confort et sa conduite étonnamment dynamique. C’est un produit différent, assumé et franchement séduisant. Mais en même temps, certaines décisions technologiques me laissent perplexe. La caméra arrière remplaçant la lunette traditionnelle et l’ergonomie parfois compliquée enlèvent un peu de spontanéité à l’expérience.
Reste que pour 69 900 $ en version Dual Motor AWD (attention aux hausses de prix quand on ajoute des options en revanche), le Polestar 4 propose quelque chose d’unique sur le marché. Et dans un univers automobile souvent trop prévisible, ça mérite déjà qu’on s’y intéresse sérieusement.
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