Des organismes du Bas-Saint-Laurent dénoncent des compressions et réclament l’intervention du ministre de l’Emploi

Guylain Jean | 30 avril 2026 | 07:45
Le ministre de l’Emploi, Jean-François Simard. Crédit photo : Courtoisie

Les organismes en employabilité du Bas-Saint-Laurent tirent la sonnette d’alarme et demandent une intervention urgente du ministre de l’Emploi, Jean-François Simard, afin de préserver l’accès aux services publics d’emploi dans la région.

Dans une lettre ouverte signée par plusieurs directions d’organismes, les intervenants dénoncent des compressions budgétaires moyennes de 25 % pour l’année 2026-2027. Selon eux, ces coupes surviennent dans une région déjà reconnue comme sous-financée par le ministère lui-même, créant une iniquité importante par rapport aux autres régions du Québec.

Les conséquences de ces compressions se font déjà sentir sur le terrain. Les organismes rapportent un allongement marqué des délais d’accès aux services, désormais passés de quelques jours à plusieurs semaines. Cette situation retarde l’intégration en emploi et la stabilisation des parcours pour de nombreux usagers.

Les groupes soulignent également une diminution de l’accompagnement offert, en raison de la surcharge de travail du personnel, ce qui affecte particulièrement les clientèles plus vulnérables, notamment les jeunes en difficulté, les personnes en situation de handicap et les travailleurs de 50 ans et plus.

Parmi les impacts dénoncés, les signataires évoquent aussi la disparition ou la délocalisation de certains services spécialisés. Le programme destiné aux travailleurs de 50 ans et plus a été aboli dans toute la région, alors qu’il demeure disponible ailleurs au Québec. De plus, des services d’orientation professionnelle dans les MRC de La Matanie et de La Matapédia ont été transférés vers la Côte-Nord.

Les organismes déplorent également la fermeture complète des entreprises d’entraînement financées par Services Québec au Bas-Saint-Laurent, un outil pourtant reconnu pour favoriser l’intégration au marché du travail par l’expérience.

Selon eux, ces décisions fragilisent non seulement les personnes en recherche d’emploi, mais aussi les entreprises locales qui peinent déjà à combler leurs besoins de main-d’œuvre. Ils estiment que la situation va à l’encontre des efforts de régionalisation de l’immigration et de vitalité économique.

Malgré des demandes de rencontres adressées à plusieurs ministères et à la direction régionale de Services Québec, les organismes indiquent n’avoir reçu aucune réponse à ce jour.

Dans leur lettre, ils demandent au ministre de suspendre les compressions prévues, de tenir rapidement une rencontre avec les acteurs du milieu et de revoir les paramètres d’allocation budgétaire afin d’assurer une meilleure équité entre les régions.

Les signataires, issus de différents organismes en employabilité couvrant l’ensemble du Bas-Saint-Laurent, affirment être disponibles immédiatement pour collaborer à la recherche de solutions, afin d’éviter des conséquences durables sur l’économie régionale et l’intégration en emploi.