Le député Maxime Blanchette-Joncas dénonce la fin graduelle de la livraison à domicile chez Postes Canada

Guylain Jean | 23 avril 2026 | 07:52
Maxime Blanchette-Joncas lors de la période des question du 6 février 2026. Crédit photo ; Courtoisie

Le député de Rimouski–La Matapédia, incluant La Mitis, Les Basques et la Neigette, Maxime Blanchette-Joncas, dénonce fermement le plan de transformation de Postes Canada visant à mettre fin graduellement à la livraison du courrier à domicile d’ici cinq ans.

Selon la société d’État, cette réorganisation permettrait de générer des économies d’environ 400 millions de dollars. Des mesures d’adaptation sont prévues pour les personnes ayant des limitations fonctionnelles, et certaines adresses en milieu rural continueraient d’être desservies, notamment celles disposant de boîtes aux lettres en bordure de route. Toutefois, ces cas demeurent minoritaires à l’échelle du pays.

Le député du Bloc Québécois remet en question la pertinence de cette décision, estimant qu’une réduction des services ne constitue pas une solution viable pour assurer la croissance et la compétitivité de Postes Canada. Il s’inquiète également des impacts pour les populations plus vulnérables. « A-t-on réellement pris en compte les besoins des personnes aînées et des personnes handicapées ? », soulève-t-il.

Dans le Bas-Saint-Laurent, l’une des régions les plus vieillissantes du Québec, les effets de cette mesure pourraient être particulièrement marqués. Le député craint qu’un plan uniforme, sans égard aux réalités régionales, accentue l’isolement social, la détresse psychologique et l’insécurité physique, en plus de réduire l’autonomie des aînés, surtout en milieu rural.

Cette réforme survient dans un contexte financier difficile pour Postes Canada, qui a enregistré des pertes importantes au cours des dernières années, dont 1,57 milliard de dollars en 2025. La concurrence accrue des entreprises privées dans le secteur de la livraison de colis est notamment pointée du doigt. Le député s’interroge toutefois sur l’efficacité de cette stratégie. « Comment une réduction des services permettra-t-elle à la société d’État de rivaliser avec des entreprises privées qui offrent toujours la livraison à domicile ? », questionne-t-il.

De son côté, le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes a déjà annoncé son intention de s’opposer à cette décision, qui inclut également une possible réduction du nombre de bureaux de poste.

Le Bloc Québécois dénonce un plan jugé « bâclé » et « improvisé », et appelle Postes Canada à maintenir la livraison à domicile afin de préserver son rôle de service public, particulièrement auprès des citoyens les plus vulnérables.