Sécurisation du bois de feuillus | Un enjeu crucial pour l’économie régionale
L'Usine Bégin & Bégin de Lots-Renversés. Crédit photo : Courtoisie Plusieurs acteurs majeurs de l’industrie forestière, dont Cascades, le Groupement forestier de Témiscouata, Bégin & Bégin, SAPPI, Uniboard et Charbon de bois franc Basques, lancent un appel commun pour sécuriser l’approvisionnement en bois de feuillus provenant de la forêt publique au Bas-Saint-Laurent.
Selon eux, cet enjeu est déterminant pour assurer la pérennité de la transformation du bois feuillu et maintenir un équilibre entre les usages forestiers et acéricoles dans la région. Depuis plus de 30 ans, une concertation régionale, notamment par la Table de gestion intégrée des ressources et du territoire (GIRT), permet de concilier ces différents usages. Toutefois, cet équilibre est jugé fragile.
Déjà, plus de la moitié des érablières à potentiel acéricole en forêt publique sont consacrées à l’acériculture. L’ajout de nouvelles superficies, réclamé par cette industrie, réduirait davantage l’accès au bois pour les entreprises forestières, ce qui pourrait entraîner des impacts économiques importants.
Les entreprises forestières proposent notamment de développer des aires d’intensification de la production ligneuse afin d’augmenter la productivité sans nuire aux autres usages. Elles poursuivent également leurs démarches auprès du gouvernement pour trouver des solutions adaptées à la réalité régionale.
De leur côté, les élus municipaux du Bas-Saint-Laurent, regroupés au sein de la Table régionale des élu·es municipaux, rappellent que le partage de la forêt publique doit reposer sur des principes d’équité et de transparence. Ils invitent Québec à clarifier ses orientations et à maintenir un équilibre entre les différentes filières.
Des investissements importants sont en jeu. À titre d’exemple, l’entreprise Bégin & Bégin prévoit investir environ 5 millions de dollars au cours de la prochaine année pour moderniser ses installations. Toutefois, ces projets demeurent conditionnels à un approvisionnement stable en bois et à une décision gouvernementale rapide.
Les entreprises saluent par ailleurs certaines mesures récentes du gouvernement du Québec visant à améliorer le régime forestier, mais estiment qu’un ajustement régional demeure nécessaire.
Elles préviennent que sans intervention, la situation pourrait entraîner des pertes d’emplois, des ralentissements d’activités et le report d’investissements dans la région.
Malgré tout, les signataires se disent ouverts à la collaboration et souhaitent travailler avec les autorités pour établir une stratégie durable de gestion des forêts feuillues. Ils affirment qu’un signal clair du gouvernement permettrait de consolider deux secteurs clés de l’économie régionale et de maintenir une cohabitation harmonieuse des usages de la forêt publique.