Élèves promus sans les acquis nécessaires | Le SEGP réclame un « sérieux coup de barre »
Image d'illustration par Depositphotos Le Syndicat de l’enseignement du Grand-Portage (CSQ) tire la sonnette d’alarme concernant la promotion d’élèves ne possédant pas les acquis nécessaires pour passer au niveau supérieur. Selon une consultation menée à la fin de 2025, la situation serait préoccupante tant au primaire qu’au secondaire dans les Centres de services scolaires de Kamouraska–Rivière-du-Loup et du Fleuve-et-des-Lacs.
Au total, 55 % des enseignantes et enseignants affirment que certains élèves ont été promus malgré leur recommandation de redoublement ou de transfert en classe spécialisée. Plus troublant encore, 41 % des enseignants du primaire et 28 % du secondaire disent avoir subi des pressions — provenant notamment de directions ou de parents — pour faire progresser des élèves sans qu’ils aient les compétences requises.
Ces données proviennent d’une consultation menée par la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ), à laquelle près de 305 enseignants membres du Syndicat de l’enseignement du Grand-Portage ont participé. Les résultats mettent en lumière une réalité complexe en classe, où un nombre important d’élèves ne maîtrisent pas les notions préalables attendues.
La présidente du syndicat, Natacha Blanchet, estime que la situation a des conséquences directes sur la qualité de l’enseignement. Elle soutient que plusieurs élèves ne possèdent ni le niveau attendu ni les bases nécessaires, ce qui alourdit la tâche du personnel enseignant et nuit à l’ensemble du groupe. Elle appelle ainsi à un « sérieux coup de barre » afin de redresser la situation.
Les données révèlent notamment qu’au primaire, les enseignants estiment qu’entre deux et trois élèves par classe ont été promus sans les acquis nécessaires. Au secondaire, 35 % des enseignants évaluent que plus du quart de leurs élèves se trouvent dans cette situation. Par ailleurs, une proportion importante d’enseignants indique avoir dans leur classe des élèves bénéficiant de modifications des attentes, une mesure qui devrait pourtant demeurer exceptionnelle.
La consultation met également en évidence des pratiques préoccupantes liées aux pressions exercées sur les enseignants. Au primaire, plus de la moitié des enseignants concernés affirment avoir été incités à réduire leurs exigences d’évaluation. Au secondaire, certains disent avoir été amenés à modifier des résultats d’élèves en échec ou à proposer des travaux compensatoires jugés inéquitables, malgré les dispositions de la Loi sur l’instruction publique qui confient aux enseignants la responsabilité de l’évaluation.
Selon le syndicat, cette situation entraîne des répercussions importantes. Les élèves en difficulté peuvent vivre du découragement, de l’anxiété et une baisse d’estime de soi, tandis que les élèves plus avancés risquent de s’ennuyer. Du côté de l’enseignement, la gestion des besoins variés devient plus complexe, les interruptions se multiplient et l’ensemble du groupe est privé d’occasions d’enrichissement.
Face à ces constats, la Fédération des syndicats de l’enseignement demande au ministère de l’Éducation d’ouvrir un espace de discussion afin d’identifier des solutions durables. La CSQ réitère également son appel à une vaste réflexion collective sur l’état du système d’éducation au Québec, afin d’assurer la réussite de tous les élèves sans alourdir davantage la charge de travail du personnel enseignant.