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Buick Envision : un Américain assumé… fabriqué ailleurs
Photo courtoisie Par Marc Bouchard
Je sais, pour bien des gens, Buick évoque encore le fauteuil berçant, le stationnement de la résidence pour aînés et le conducteur qui met son clignotant trois coins avant de tourner. Autrement dit, une marque pour ceux qui ont accumulé autant de sagesse que de cheveux blancs. Sauf que si c’est encore votre image de Buick, vous avez décroché de la réalité à peu près en même temps que des amateurs de lecteur CD.
Parce qu’aujourd’hui, le Buick Envision n’a plus rien du paquebot pataud qu’on associait jadis à la marque. Le style a pris un virage net, le comportement routier a suivi, et les prix, sans être des aubaines, se montrent nettement plus raisonnables que ce qu’on pourrait croire en voyant l’écusson. Résultat : on se retrouve devant un VUS compact qui a parfaitement sa place dans le segment, même si on l’oublie trop souvent quand vient le temps de dresser la liste des recommandations habituelles.
Ce qui accroche l’œil d’abord, c’est la silhouette. On pense aux prototypes plus audacieux des dernières années, avec leur signature lumineuse effilée, cette calandre plus basse qui donne de l’aplomb, et des lignes travaillées sans tomber dans le tape-à-l’œil. On n’est pas loin de l’esprit du concept électrique Wildcat, qu’on attend encore de voir sur nos routes. L’Envision, lui, en reprend l’attitude sans en faire trop : assez de caractère pour se distinguer dans un stationnement de centre d’achats, assez de retenue pour respecter l’ADN Buick.
À bord, même constat. Devant le conducteur trône un grand écran incurvé qui regroupe instrumentation et multimédia. L’interface intègre Google, la navigation et les commandes vocales, en plus d’offrir Android Auto et Apple CarPlay. L’ensemble est clair, l’affichage lisible, et on s’habitue rapidement aux menus, une fois qu’on a trouvé où tout se cache.
Parce qu’il faut bien le dire : à force de vouloir tout mettre dans un écran, on finit par cacher des fonctions qu’on utilisait autrefois sans réfléchir. L’ajustement de l’affichage tête haute, par exemple, ou encore l’allumage des phares, relégué à une commande virtuelle dans le menu central. Disons qu’un ou deux boutons physiques de plus n’auraient pas fait de tort.
Là où l’Envision retrouve pleinement son ADN, c’est en matière de confort. Suspension moelleuse, mais pas floue; bonne capacité à absorber les imperfections parfois généreuses de notre réseau routier; et surtout une insonorisation à la hauteur de la réputation de Buick. Sur l’autoroute en direction de Québec, le silence à bord est franchement impressionnant. Le moteur se fait discret, les bruits de roulement sont bien filtrés, et on se surprend à baisser le volume de la radio simplement parce que le calme ambiant donne envie de jaser plutôt que de couvrir le vacarme.
Sous le capot, pas de surprise : un 4 cylindres turbocompressé de 2,0 litres, bon pour 228 chevaux. Ce n’est pas la fiche technique qui fait hurler les foules de plaisir, mais dans un VUS compact, c’est amplement suffisant. Les accélérations sont franches, les dépassements se font sans stress, et la boîte automatique à 9 rapports gère ses changements avec une discrétion appréciable. On n’a jamais l’impression qu’elle hésite ou qu’elle cherche ses rapports comme un élève en examen de math.
Par contre, ce moteur rappelle aussi une vérité qu’on aime parfois oublier : le confort a un prix à la pompe. Sans être catastrophique, la consommation se montre plus gourmande qu’on le souhaiterait, surtout en ville ou quand on se laisse tenter par une conduite un peu plus dynamique. Dans un segment où plusieurs concurrents misent maintenant sur l’hybridation pour réduire la facture de carburant, l’Envision fait figure de bon élève d’une classe d’il y a quelques années. Ça ne ruinera pas votre budget, mais ce n’est certainement pas son argument le plus moderne.
Sur la route, le Buick Envision joue donc la carte de la douceur plutôt que celle de la sportivité. La direction se montre précise, mais peu bavarde; le châssis favorise la stabilité plus que l’attaque des courbes. On enchaîne les virages avec un certain plaisir, mais sans jamais avoir envie de chercher la limite d’adhérence. En fait, c’est exactement ce qu’on attend d’un Buick : un compagnon de route qui apaise, pas un partenaire de piste qui provoque.
Reste la question qui fait parfois sourciller : l’origine. L’Envision est assemblé en Chine, ce qui peut surprendre pour un véhicule portant un écusson aussi intimement associé à l’Amérique du Nord. Pourtant, une fois assis à bord, rien n’indique une fabrication au rabais. Les matériaux sont bien choisis, les ajustements précis, et aucun craquement plastique ne vient gâcher l’impression générale.
Le Buick Envision porte plutôt bien son nom. Il incarne une vision renouvelée de la marque : plus moderne, plus technologique, mais toujours fidèle à cette obsession du confort qui a fait la réputation de Buick. Ce n’est ni le VUS le plus flamboyant de sa catégorie, ni le plus écoénergétique, mais c’est un de ceux avec lesquels on a réellement envie de vivre au quotidien. Et si, en le croisant, vous pensez encore que Buick appartient au passé, c’est peut-être que vous n’avez pas pris le temps de le regarder, ni de l’essayer, avec des yeux neufs.
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