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Fermeture d’une scierie à Saint-Joseph-de-Kamouraska : l’incertitude frappe encore l’industrie forestière
Image d'illustration par Depositphotos La crise qui secoue l’industrie forestière québécoise entraîne une nouvelle fermeture dans le Bas-Saint-Laurent. Le Groupe Lebel a confirmé la fin définitive des activités de sa scierie de Saint-Joseph-de-Kamouraska, invoquant un manque d’approvisionnement en bois et un contexte économique incertain.
Selon les informations communiquées, l’usine, qui pouvait transformer jusqu’à 170 000 mètres cubes de bois annuellement, n’en traitait plus qu’environ 60 000 avant sa fermeture. Cette baisse importante de production, attribuée à la difficulté d’obtenir suffisamment de matière première, rendait les opérations non rentables. Une dizaine de travailleuses et travailleurs perdent ainsi leur emploi, bien que l’usine soit à l’arrêt depuis février 2025.
Le dossier s’inscrit dans un contexte plus large marqué par les critiques envers la réforme du régime forestier du gouvernement caquiste, jugée inefficace par les acteurs syndicaux. À cela s’ajoutent les tarifs douaniers imposés par l’administration de Donald Trump, qui atteignent 45 % sur le bois québécois exporté aux États-Unis, compliquant davantage la situation pour les entreprises du secteur.
Par ailleurs, certaines mesures récentes du gouvernement du Québec, comme la fin des redevances sur le bois de la forêt publique et l’abolition du Bureau de mise en marché des bois, suscitent des inquiétudes. Ces changements pourraient notamment nuire aux plus petits producteurs, qui risquent de voir leur accès à la ressource encore plus limité.
Les impacts de cette fermeture dépassent la seule scierie. L’usine de papier F.F. Soucy, située à Rivière-du-Loup, a également cessé ses activités, faute d’approvisionnement en copeaux provenant de l’usine de Saint-Joseph-de-Kamouraska. Cette situation s’ajoute à une série de fermetures et d’arrêts d’usines ailleurs au Québec, notamment à Saint-Ludger-de-Milot, Val-d’Or, Outardes et Béarn.
Face à cette « hémorragie » dans le secteur, les représentants syndicaux pressent le gouvernement d’agir rapidement. La présidente de la CSN, Caroline Senneville, réclame un plan clair pour l’avenir de l’industrie forestière et des mesures de diversification pour soutenir les régions touchées. De son côté, le président de la Fédération de l’industrie manufacturière-CSN, Kevin Gagnon, estime qu’une stratégie globale, combinée à une aide à court terme, est essentielle pour stabiliser la situation.
Au Bas-Saint-Laurent, l’inquiétude est palpable. « C’est encore un dur coup pour notre économie régionale. Nos communautés forestières méritent mieux », a conclu Liette Ross, du Conseil central du Bas-Saint-Laurent–CSN.