Articles récents
Articles récents
Des pratiques irrégulières pointées du doigt au Centre de services scolaire du Fleuve-et-des-Lacs
Image d'illustration par Depositphotos Un reportage du Bureau d’enquête du Journal de Québec révèle que le Centre de services scolaire du Fleuve-et-des-Lacs figure parmi huit organisations scolaires au Québec ayant été rappelées à l’ordre pour des contrats liés au recrutement d’élèves en formation professionnelle.
On retrouve également les centres de services scolaires Marguerite-Bourgeoys (Saint-Laurent), des Affluents (Repentigny), de Montréal, des Rives-du-Saguenay (Saguenay), en plus des commissions scolaires Lester-B.-Pearson, Sir-Wilfrid-Laurier et Riverside dans la grande région de Montréal
Selon les informations publiées, ces établissements auraient fait appel à des entreprises privées — parfois pour des montants dépassant le million de dollars — afin d’attirer davantage d’inscriptions et ainsi augmenter leur financement public. Ces pratiques, observées entre 2019 et 2025, ont été jugées problématiques par l’Autorité des marchés publics, qui a relevé plusieurs irrégularités dans les contrats.
Parmi les situations dénoncées, certains contrats ne comportaient pas de date de fin, tandis que d’autres auraient été fractionnés pour éviter les appels d’offres. Dans un cas, un contrat initialement évalué à 100 000 $ aurait même dépassé les 2 millions de dollars.
Le programme de formation professionnelle Lancement d’une entreprise est particulièrement ciblé par l’enquête. D’une durée de 330 heures, cette formation permettait aux centres de services scolaires de recevoir plus de 5000 $ par élève diplômé, ce qui en faisait une source de revenus importante. Le programme a d’ailleurs été suspendu indéfiniment en avril 2025 par le Ministère de l’Éducation du Québec, sans explication publique.
Des témoignages recueillis dans le cadre de l’enquête soulèvent aussi des préoccupations quant à l’encadrement du programme. Certains enseignants évoquent des formations offertes presque entièrement en ligne, avec peu de ressources, tandis que des cas d’« étudiants fantômes » auraient permis à certains établissements de toucher des fonds publics sans réelle participation des élèves.
Plus troublant encore, des élèves auraient été considérés comme diplômés sans avoir complété la formation, voire sans en avoir connaissance. D’autres auraient été inscrits en continu, sans respecter le calendrier scolaire habituel.
Face à la gravité des allégations, le dossier a été transféré à l’Unité permanente anticorruption, qui mène actuellement une enquête. Le ministère de l’Éducation n’a pas souhaité commenter en raison du processus en cours. Une demande d’entrevue a également été faite par notre service des nouvelles auprès du Centre de services scolaire du Fleuve-et-des-Lacs.
Cette situation soulève des questions sur la gestion des fonds publics en éducation et sur les mécanismes de confiance entourant certains programmes de formation professionnelle, y compris dans la région du Bas-Saint-Laurent.