Sondage Pallas Data: Charles Milliard déjà prêt à diriger le camp du Non

La Presse Canadienne | 25 février 2026 | 14:08
Le chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard, participe à une réunion de son caucus à l'Assemblée nationale, le 17 février 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot

Après un sondage montrant que les libéraux talonnent les péquistes, le chef Charles Milliard bombe le torse: il se dit déjà prêt à diriger le camp du Non lors d’un éventuel référendum sur l’indépendance du Québec. 

«Si d’aventure, il y avait un autobus du camp du Non à conduire, la seule personne qui a un permis de conduire pour mener cette troupe-là à bon port de façon claire et fiable, c’est moi. C’est le Parti libéral du Québec», a-t-il lancé en point de presse mercredi à l’Assemblée nationale. 

Selon un coup de sonde de la firme Pallas Data publié mercredi, le Parti québécois (PQ) serait toujours en tête des intentions de vote (30 %), mais le Parti libéral du Québec (PLQ) ne serait pas très loin derrière, avec 27 % des appuis.

Il s’agirait d’un recul de quatre points pour le PQ, et d’une hausse de trois points pour le PLQ, par rapport au sondage précédent de Pallas, publié le 10 janvier dernier.

«Je ne cherche pas la clé»

Répondant au chef libéral, le député péquiste Alex Boissonneault a dit qu’il fallait y aller «une étape à la fois». 

Rappelons qu’en janvier dernier, le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon a déclaré que la campagne référendaire pour l’indépendance du Québec était déclenchée et que le premier ministre canadien, Mark Carney, était le chef du camp du Non. 

Charles Milliard a tout de même précisé qu’il ne voulait pas de campagne référendaire. «L’autobus en ce moment, il est dans l’entrepôt, il n’est même pas chauffé, la porte est fermée et je ne cherche pas la clé», a-t-il dit. 

Le sondage Pallas Data met d’ailleurs en lumière une baisse des appuis à la souveraineté du Québec: 32 % des répondants voteraient pour la souveraineté si un référendum avait lieu aujourd’hui, une baisse de trois points depuis janvier.

Le PQ n’a pas fait grand cas de ce résultat décevant pour son option. 

«Un sondage, c’est une photographie d’un moment bien précis dans le contexte politique», a affirmé Alex Boissonneault. 

Le PQ a remporté l’élection partielle dans Chicoutimi, lundi. Dans son discours, le chef péquiste a dit avoir rencontré des gens qui ont «véritablement peur» du référendum. 

Il n’a pas non plus exclu d’attendre après le mandat de Donald Trump pour tenir un référendum. «On va user d’intelligence et de jugement pour le choix du moment, parce que notre priorité sera toujours de protéger les Québécois», a-t-il déclaré alors.

Des propos que ses adversaires ont qualifiés de recul. Mardi, Alex Boissonneault a défendu son chef. 

«Le chef n’a pas assoupli son discours, il est demeuré le même. Ce qu’il a dit, c’est que dans Chicoutimi, il a entendu une inquiétude des gens. Il l’entend, il la comprend, il en prend acte. Mais le plan reste le même», a-t-il assuré. 

«Défaitiste»

Charles Milliard est «défaitiste», selon le chef conservateur Éric Duhaime. «À la lumière du sondage, c’est loin d’être évident qu’on se dirige vers un gouvernement du Parti québécois majoritaire», a-t-il soutenu. 

«Pour nous, la priorité, c’est de s’assurer qu’il n’y ait ni d’autobus du Oui ni d’autobus du Non», a ajouté M. Duhaime.  

Bien qu’il ait voté pour l’indépendance en 1995, le chef conservateur assure qu’il ne voterait pas Oui en cas de troisième référendum. 

Par ailleurs, selon le sondage Pallas, le Parti conservateur du Québec (PCQ) arriverait en troisième place, avec 16 % des intentions de vote, suivi par la Coalition avenir Québec (CAQ), qui ne récolterait que 14 % des appuis. 

Québec solidaire (QS) fermerait la marche, avec 10 % des intentions de vote. 

L’enquête d’opinion a été menée pour le compte de Qc125 et L’Actualité, les 21 et 22 février 2026, auprès de 1075 répondants québécois âgés de 18 ans et plus. La marge d’erreur sur l’échantillon complet est de plus ou moins 3 %, 19 fois sur 20.