Les ventes au détail ont progressé de 0,5 % en avril, selon Statistique Canada
Une personne fait le plein de sa voiture dans une station-service à Montréal, le jeudi 5 mars 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Christopher Katsarov Les ventes au détail ont augmenté de 0,5 % pour atteindre 73,0 milliards $ en avril, grâce notamment à la hausse des ventes dans les stations-service et chez les concessionnaires automobiles, selon Statistique Canada.
L’agence fédérale a précisé que les ventes ont progressé dans cinq des neuf sous-secteurs qu’elle suit, la hausse des prix ayant contribué à faire grimper de 5,1 % les ventes des stations-service et des distributeurs de carburant au cours du mois. En volume, les ventes de ce sous-secteur ont augmenté de 0,8 % en avril.
Les ventes des concessionnaires de véhicules et de pièces automobiles ont augmenté de 1,7 %, les concessionnaires de voitures neuves ayant enregistré une hausse de 1,8 % et ceux de voitures d’occasion, un bond de 5,1 %.
Les ventes au détail de base, qui excluent les stations-service et les marchands de carburant ainsi que les concessionnaires de véhicules et de pièces automobiles, ont reculé de 0,7 % en avril, les ventes des détaillants d’alimentation et de boissons ayant baissé de 2,0 % et celles des détaillants de marchandises diverses de 1,7 %.
«Les volumes de ventes sont restés pratiquement inchangés ce mois-ci après avoir chuté en mars, la hausse des prix de l’essence pesant sur les dépenses», a souligné Shelly Kaushik, économiste principale chez BMO, dans une note envoyée à ses clients.
Des signes de modération des dépenses discrétionnaires étaient également visibles dans la catégorie des articles de sport, de passe-temps, d’instruments de musique, de livres et de détails divers, qui a reculé de 1,5 %, enregistrant ainsi une baisse pour le deuxième mois consécutif, selon Statistique Canada.
Andrew Grantham, économiste principal à la CIBC, a noté que les données sur les ventes au détail constituaient une preuve supplémentaire que les prix élevés de l’essence avaient réduit la capacité des ménages à dépenser dans d’autres domaines au cours du printemps.
«Le ralentissement des dépenses des ménages rend plus difficile pour les entreprises de répercuter les hausses de coûts sur les consommateurs, et il est donc moins probable que la flambée antérieure des prix du pétrole se traduise par des pressions inflationnistes plus généralisées», a-t-il déclaré.
Il s’agit de l’une des raisons pour lesquelles M. Grantham s’attend à ce que la Banque du Canada maintienne ses taux d’intérêt inchangés tout au long de l’année 2026.
Mais à mesure que les prix commenceront à se normaliser, les dépenses de consommation devraient se redresser d’ici la fin de l’année, a déclaré Mme Kaushik.
«La baisse des prix de l’énergie en juin et l’accord de paix au Moyen-Orient pourraient ouvrir la voie à une croissance plus significative au second semestre», a-t-elle noté.
Un accord préliminaire annoncé mercredi entre les États-Unis et l’Iran prévoit la fin des hostilités et lance une période de négociation de 60 jours pour parvenir à un accord définitif sur l’avenir du programme nucléaire iranien.
L’accord actuel entre les États-Unis et l’Iran lève les sanctions contre ce dernier et lui permet de vendre librement son pétrole. Il assure également le libre passage dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole. Cela a permis d’alléger quelque peu la pression sur les cours du pétrole.
Pour l’avenir, l’agence a fait savoir que son estimation préliminaire des ventes au détail laisse entrevoir une hausse de 1,0 % pour le mois de mai, tout en précisant que ce chiffre pourrait être révisé.
— Avec des informations de l’Associated Press