Québec investit 393 millions $ sur cinq ans pour des services aux proches aidants
La ministre de la Santé du Québec, Sonia Bélanger, répond aux questions de l'opposition à l'Assemblée nationale du Québec, mardi 9 juin 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot Québec investit 393 millions $ sur cinq ans dans son nouveau plan d’action pour les proches aidants, présenté jeudi par la ministre de la Santé, Sonia Bélanger. Les sommes serviront à améliorer la qualité de vie des personnes proches aidantes en offrant des services, comme le soutien psychosocial et le répit.
De l’enveloppe, 96 % de l’argent sera consacré directement au soutien et aux services aux proches aidants. L’objectif du plan d’action est de mieux reconnaître les proches aidants, les rejoindre plus tôt et leur offrir le bon soutien, au bon moment, a mentionné Mme Bélanger. «Nous sommes une des rares nations à avoir une loi spécifique sur les proches aidants», a vanté la ministre en point de presse à Saint-Sauveur.
Elle a également déclaré qu’elle souhaite que les organismes communautaires ainsi que les Sociétés Alzheimer développent plus de centres de jour. «Ça, c’est extrêmement important, avec des services directs à la personne», a commenté Mme Bélanger.
Proche aidance Québec, qui regroupe 150 organismes qui offrent du soutien aux personnes proches aidantes partout au Québec, est optimiste par rapport au nouveau plan d’action. «Parce qu’il va vraiment permettre de poursuivre les efforts qui avaient été amorcés avec le premier plan d’action, qui visait beaucoup à reconnaître, […] favoriser l’autoreconnaissance», indique en entrevue Loriane Estienne, directrice générale de Proche aidance Québec
La ministre Bélanger a mis l’emphase sur le répit, et c’est très bien, selon Mme Estienne, car il manque de services de répit présentement au Québec. «C’est un des services dont les personnes proches aidantes ont le plus besoin. On le sait que le rôle a un impact significatif sur la santé des personnes proches aidantes, sur leur santé physique tout comme sur leur santé mentale, et les services de répit sont un des moyens pour aller soulager les personnes proches aidantes et leur permettre d’aller prendre soin d’elles également», explique-t-elle.
La directrice souligne par ailleurs que le répit est beaucoup plus que du gardiennage. «Son objectif de base, c’est d’offrir un moment, un temps à la personne proche aidante pour la dégager de son rôle dans un climat de confiance», précise Mme Estienne.
Les professionnels s’adaptent à la personne en la situation d’incapacité. La proche aidance a de multiples visages, certains s’occupent d’un aîné avec un déficit cognitif, une personne en situation de handicap, une personne malade ou un proche atteint d’un trouble mental.
Nouvelles données sur la proche aidance
Les premiers résultats de l’Enquête québécoise sur la santé et le bien-être des personnes proches aidantes, menée par l’Institut de la statistique du Québec, ont été publiés mercredi. Les données montrent que 27 % des Québécois de 15 ans et plus agissaient comme proche aidant en 2024-2025, ce qui représente plus de 2 millions de personnes. La majorité (71 %) le faisait auprès d’un aîné 65 ans et plus.
Les données indiquent une plus forte proportion de proches aidants dans certains groupes. Environ 40 % des personnes proches aidantes ont entre 45 et 64 ans, et les femmes sont plus nombreuses que les hommes à assumer ce rôle.
«Plusieurs ne se reconnaissent pas comme proches aidants parce que certains ont fait ça une grande partie de leur vie, et c’est naturel quand on est un parent d’aider ses enfants ou quand on a un enfant qui aide un parent et ainsi de suite, a soutenu Mme Bélanger. Oui, c’est souhaitable que, comme individus, on prenne soin les uns des autres, mais à un moment donné, il faut avoir des actions structurantes.»
Le Plan d’action pour les personnes proches aidantes 2026-2031 propose 50 actions qui sont réparties dans quatre grands axes. D’abord, d’aider à la reconnaissance et l’autoreconnaissance; améliorer l’information et la formation des intervenants, mais aussi des proches aidants; renforcer l’offre de services directs; et créer des conditions favorables à l’équilibre de vie des proches aidants, notamment la conciliation travail-études-proche aidance.
Parmi les actions, Mme Estienne se réjouit que Proche aidance Québec sera porteur d’une mesure sur la jeune proche aidance. «Je crois qu’on est rendu là, à aller cibler des types de proche aidance qui sont encore plus invisibilisés que d’autres», dit-elle. Les données montrent que 13 % des proches aidants sont âgés entre 15 et 29 ans, mais certains sont encore plus jeunes et leur rôle impacte leur santé physique et mentale ainsi que leur vie scolaire et sociale.