Possible réouverture du détroit d’Ormuz: les prix du pétrole devraient rester élevés
Le soleil se lève derrière des pétroliers ancrés dans le détroit d’Ormuz, au large de l’île de Qeshm, en Iran, le samedi 18 avril 2026. Photo AP/Asghar Besharati Les États-Unis et l’Iran pourraient être sur le point de conclure un accord qui mettrait fin à près de quatre mois de combats et permettrait au pétrole brut du golfe Persique de circuler à nouveau librement vers les marchés mondiaux, mais les prix élevés du pétrole à l’échelle mondiale devraient perdurer, selon des experts.
Ninepoint Partners a publié mercredi ses perspectives semestrielles, qui prévoient un prix plancher de 80 $ US pour le pétrole brut West Texas Intermediate (WTI), même en cas de réouverture du détroit d’Ormuz.
Ce passage étroit, par lequel transite normalement environ un cinquième de l’approvisionnement mondial en brut, est pratiquement bloqué depuis que les États-Unis et Israël ont lancé leurs attaques contre l’Iran fin février.
«Même lorsqu’un accord sera conclu et que le détroit rouvrira, il faudra des semaines, voire des mois, pour que le trafic des pétroliers revienne à la normale», a mentionné Eric Nuttall, gestionnaire de portefeuille.
Les stocks mondiaux devront être reconstitués, ce qui créera une demande soutenue, a-t-il ajouté. La société d’investissement estime que le monde a perdu plus d’un milliard de barils de pétrole depuis le début du conflit.
«L’une des plus grandes idées fausses du marché est que les actions ont déjà intégré la remontée des prix de l’énergie. Bien que les cours des actions aient progressé, notre évaluation suggère qu’elles anticipent un prix du WTI plus proche de 65 $ US, ce qui est inférieur à notre estimation du prix plancher du pétrole», a expliqué M. Nuttall.
«À 80 $ US le baril de WTI, les entreprises généreront d’importants flux de trésorerie disponibles, dont la majeure partie sera redistribuée aux investisseurs sous forme de rachats d’actions et de dividendes», a-t-il ajouté.
Un projet d’accord entre les États-Unis et l’Iran, qui devrait être signé vendredi, prévoit un passage sans péage dans le détroit pendant 60 jours, pendant que se poursuivent les négociations sur le programme nucléaire iranien, et n’exclut pas la perception de redevances à l’avenir.
L’Iran serait en mesure de vendre librement son propre pétrole dans le cadre de cet accord provisoire.
Le pétrole brut West Texas Intermediate (WTI) oscillait mercredi autour de 76 $ US le baril, soit environ 9 $ US de plus qu’avant le début de la guerre, mais 38 $ US de moins que son plus haut niveau atteint en avril pendant la guerre.
Un rapport publié en début de semaine par Services économiques TD indiquait que l’ampleur de la récente chute des cours du pétrole brut était «plus modérée» que lors d’épisodes antérieurs, si l’on se base uniquement sur les signaux.
«Cela suggère qu’une part significative de la désescalade avait déjà été intégrée dans les prix avant l’annonce officielle», a écrit l’économiste Marc Ercolao.
Le retour aux conditions d’avant le conflit ne sera pas immédiat, a-t-il précisé.
«Si l’accord atténue les risques immédiats liés à l’offre, la reprise de l’approvisionnement en pétrole sera probablement trop lente pour modifier de manière significative la situation fondamentale à court terme», a avancé M. Ercolao.
Les stocks américains de brut et de produits pétroliers sont inférieurs aux normes saisonnières et la Chine a commencé à puiser dans ses réserves pour combler les déficits d’approvisionnement.
«Cela suggère que la tension sur le marché physique persistera au cours des deux prochains mois, même si le sentiment s’améliore», a fait savoir M. Ercolao.
«En ce sens, nous nous attendons à ce que les cours du WTI soient sujets à des poussées à la hausse et restent dans une fourchette de 80 à 90 $ US le baril», a-t-il indiqué.
— Avec des informations de l’Associated Press