«Des résultats sans drama»: Christine Fréchette prend ses distances du style Legault

La Presse Canadienne | 12 juin 2026 | 18:21
La première ministre du Québec, Christine Frechette, s'exprime lors d'une conférence de presse marquant la fin de la session, dans son bureau à Québec, le vendredi 12 juin 2026. Elle est entourée du vice-premier ministre et ministre de la Sécurité intérieure du Québec, Ian Lafrenière, à gauche, et du ministre de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration et leader du gouvernement à l'Assemblée nationale, François Bonnardel. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot

Pour la première ministre Christine Fréchette, son style, c’est «des résultats sans le drama». Une manière de prendre ses distances de son prédécesseur, François Legault, mais aussi d’obtenir des gains pour les Québécois.

«On peut être en phase avec les attentes des Québécois assez rapidement et on n’a pas à faire des effets de toges ou de grands esclandres», a-t-elle lancé lors de son bilan de fin de session à l’Assemblée nationale, vendredi. 

Et elle assure que son style fonctionne. «Il y a des choses pour lesquelles on aurait pu s’attendre à ce que ce soit signé avant que j’arrive», a affirmé Christine Fréchette, en donnant en exemple l’entente avec les médecins spécialistes ou encore l’obtention de fonds fédéraux. 

«Il y a des fonds pour lesquels ça faisait plus qu’un an qu’on avait la possibilité de convenir d’une entente avec le fédéral. Je pense qu’il y avait des blocages. (…) Il y a des choses qu’on a débloquées rapidement. Je pense que c’est lié à une approche différente», a-t-elle soutenu. 

Mme Fréchette n’a pas voulu donner d’exemple de «drama» de l’ère Legault, mais a affirmé qu’elle était moins dans la «confrontation». «Je pense que du côté des femmes politiciennes, on est peut-être moins porté vers ça», a-t-elle dit. 

Selon elle, ne pas avoir réduit l’interventionnisme économique plus tôt constitue un mauvais coup de son gouvernement lors du dernier mandat.

«M. Legault, c’était au cœur de sa philosophie. Pour moi, c’est un levier important, mais qui a une limite un peu moins élevée que celle de M. Legault», a-t-elle expliqué. 

Elle s’est malgré tout défendue de vouloir marquer une rupture par rapport à son prédécesseur en affirmant que le meilleur coup de son gouvernement était le plan de 200 milliards $ pour le développement d’Hydro-Québec. «Alors non, je ne vise pas à passer l’éponge.»

Le retour de la constitution?

Jeudi, le ministre Simon Jolin-Barrette a annoncé la mort de son projet de constitution du Québec. Son étude a été obstruée par les partis d’opposition. 

Mais si la CAQ est reportée au pouvoir en octobre, le projet va renaître de ses cendres tel un phénix constitutionnel. «Ce n’est que partie remise», a affirmé la première ministre. 

«Il faudra voir si elle est à conserver exactement dans sa forme actuelle ou s’il y a des aménagements à faire. On n’a pas encore statué là-dessus», a-t-elle expliqué. 

Elle a aussi assuré qu’elle avait l’appui de Simon Jolin-Barrette et qu’il sera candidat lors des prochaines élections.