Trump «n’envisage pas de renouveler» l’Accord Canada-États-Unis-Mexique
President Donald Trump speaks in the Oval Office of the White House, Wednesday, June 10, 2026, in Washington. (AP Photo/Julia Demaree Nikhinson) Le président américain Donald Trump a déclaré mercredi qu’il «n’envisage pas de renouveler» l’accord crucial de libre-échange continental, laissant entendre que les États-Unis ne respecteraient pas la date limite du 1er juillet fixée pour le renouvellement.
Si cette date limite est dépassée, l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) restera en vigueur sous réserve d’un examen annuel renouvelable pendant une période pouvant aller jusqu’à dix ans.
«Nous n’avons besoin de rien de ce que possède le Canada, nous n’avons besoin de rien de ce que possède le Mexique, mais eux ont besoin de tout ce que nous avons, a soutenu M. Trump aux journalistes dans le bureau ovale. Et ils devraient nous traiter mieux.»
Le ministre du Commerce Canada-États-Unis, Dominic LeBlanc, et le ministre de l’Économie du Mexique, Marcelo Ebrard, ont adressé la semaine dernière des lettres à l’administration américaine pour demander une prolongation de 16 ans de l’accord. L’administration Trump n’avait pas fait part de ses intentions à ce moment-là.
Les commentaires de M. Trump mercredi alimentent les spéculations selon lesquelles les États-Unis opteront pour le non-renouvellement et le non-retrait, ce qui déclenche la révision annuelle.
Les membres de l’administration Trump laissent entendre depuis longtemps que les États-Unis s’attendaient à de longues négociations avec leurs voisins les plus proches. Le président pourrait également donner un préavis de six mois pour signaler que les États-Unis se retirent de l’accord — mais les déclarations publiques de l’équipe commerciale de M. Trump suggèrent que ce scénario est beaucoup moins probable.
Le président Trump s’est plaint mercredi du déficit commercial des États-Unis avec le Canada — causé par les exportations énergétiques canadiennes — et a affirmé que les États-Unis n’avaient pas besoin des voitures, du bois d’œuvre ou de l’énergie du Canada et du Mexique.
M. Trump a déclaré que les États-Unis se portaient mieux sur le plan économique lorsqu’ils étaient autonomes.
L’ACEUM a été négocié sous la première administration Trump pour remplacer l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), mais le président l’a depuis qualifié d’«obsolète». M. Trump a dit mercredi que l’ACEUM était un excellent accord, car il donnait aux partenaires le droit de «le résilier».
Cet accord commercial a protégé le Canada et le Mexique de nombreux droits de douane imposés par M. Trump. Le droit de douane global actuel de 10 % ne s’applique pas aux marchandises conformes à l’ACEUM.
Le Canada et le Mexique sont toujours frappés par les droits de douane distincts imposés par le président Trump sur des secteurs tels que l’acier, l’aluminium et l’automobile.
Alors que les négociations commerciales officielles sur l’ACEUM entre Ottawa et Washington n’ont pas encore commencé, les discussions entre les États-Unis et le Mexique ont débuté.
Les négociations commerciales entre Washington et Ottawa ont été gelées en octobre dernier après que M. Trump s’est indigné d’une publicité financée par l’Ontario citant l’ancien président américain Ronald Reagan critiquant les droits de douane. Les relations ont commencé à s’améliorer ces derniers mois.
M. LeBlanc et la négociatrice commerciale en chef du Canada, Janice Charette, ont rencontré le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, à Washington la semaine dernière. M. LeBlanc a indiqué qu’il était sorti de cette réunion optimiste et que la partie canadienne se concentrait sur le travail à accomplir.
Le premier ministre Mark Carney a déclaré la semaine dernière que Washington avait des «problèmes techniques» avec le Mexique et 30 enjeux commerciaux avec le Canada, d’une «complexité variable».
Les négociations initiales de l’ACEUM ont constitué un test décisif pour Ottawa. Robert Lighthizer, alors représentant au commerce de M. Trump, a raconté dans son livre qu’à un certain moment au cours du processus, les deux pays ne se parlaient plus et que «l’ALENA ne tenait plus qu’à un fil».
Le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, a réagi aux commentaires de M. Trump en affirmant que les dirigeants canadiens se concentraient pleinement sur la conclusion d’un accord favorable.
«Il y aura beaucoup de rhétorique au cours de ce processus de révision», a-t-il dit aux journalistes à Calgary, après un discours prononcé lors du Global Energy Show.
«Nous ne répondrons pas aux commentaires quotidiens émanant de la Maison-Blanche ni même, parfois, à ceux provenant de divers niveaux de la direction canadienne.»