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Les ingénieurs du gouvernement de nouveau en grève; des chantiers affectés
Un site de chantier de construction routière, photographié à Lévis, le 19 septembre 2024. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot Les ingénieurs du gouvernement du Québec débraieront de nouveau, à compter du 11 juin, pour une durée indéterminée, tous les jeudis, en plus des soirs, des nuits et des fins de semaine.
Ils sont environ 1900, membres de l’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ). Ils travaillent principalement au ministère des Transports, mais aussi à ceux de l’Environnement, des Ressources naturelles, des Affaires municipales et de la Cybersécurité.
Le syndicat dispose d’un mandat de grève générale et illimitée. Ses membres avaient déjà tenu une journée de grève, le 20 mai.
En entrevue lundi, le président du syndicat, Marc-André Martin, a prévenu que la nouvelle grève à durée indéterminée aura des répercussions sur des chantiers d’infrastructures.
«Là, ça va paraître. Là, on va avoir un impact qui sera considérable. Au Québec, les travaux, tout ce qui est dans le secteur des métropoles, les secteurs urbains, ce sont tous des travaux de nuit. Lorsqu’on coule du béton l’été, on doit le faire de nuit, pour éviter que le béton surchauffe. Donc, clairement, là, on a un gros impact, juste par les soirs et les fins de semaine. On va aussi avoir un gros impact du fait qu’il va y avoir une journée de moins. Ces temps-ci, les ingénieurs, on n’a pas assez de 24 heures dans une journée pour rendre tous les livrables qu’on a à rendre pour l’été.»
M. Martin rappelle que le Québec accuse un déficit de rénovation et de maintien de ses infrastructures. Or, les ingénieurs sont responsables de la surveillance, de la planification des travaux et ils doivent donner des autorisations pour lancer de grands chantiers d’infrastructures.
«Tout tombe en morceaux. Les ponts tombent en ruines. Les routes sont pleines de trous. Les ingénieurs, en plus, sont en moyens de pression, parce que le gouvernement ne veut pas les écouter. Et le gouvernement de la CAQ ne veut pas faire une priorité de l’ingénierie et des infrastructures routières», critique M. Martin.
La convention collective est échue depuis le 31 mars 2023, soit en même temps que celles des autres employés de l’État.
Ces ingénieurs avaient déjà débrayé durant huit jours, en 2025, dans le cadre de la même négociation. Celle-ci est carrément dans une impasse depuis un an, juge M. Martin.
Si la grève venait effectivement à être déclenchée le 11 juin, des services essentiels devraient être maintenus. M. Martin précise qu’environ 300 de ses membres y sont affectés.
Invité à commenter lors de la journée de grève du 20 mai, le cabinet du Conseil du trésor avait répondu que «l’équipe de négociation dispose du mandat nécessaire pour en arriver à une entente» avec le syndicat des ingénieurs et que, «considérant les négociations en cours, nous ne ferons pas d’autres commentaires».
Le litige porte principalement sur l’octroi d’une «enveloppe sectorielle» destinée à financer des avantages spécifiques, et qui permettrait d’aller au-delà des 17,4 % d’augmentations salariales sur cinq ans que l’ensemble des employés de l’État ont obtenues. L’APIGQ souhaite ainsi que les ingénieurs soient considérés comme une catégorie prioritaire, tout comme les enseignants et les infirmières.
Les deux autres points qui étaient en litige, à savoir le télétravail et l’aménagement des bureaux, ont toutefois marqué des progrès.