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Les employés de Postes Canada votent en faveur de la convention collective
Des véhicules sont à l'arrêt dans un centre de tri de Postes Canada, à Burnaby, en Colombie-Britannique, le lundi 29 septembre 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Darryl Dyck Les travailleurs des postes ont donné leur feu vert à une nouvelle convention collective, votant massivement en faveur d’un accord de principe après plus de deux ans de conflits sociaux.
Le syndicat représentant quelque 55 000 employés de Postes Canada indique que plus de 85 % d’entre eux ont voté en faveur de cet accord de cinq ans, qui prévoit des augmentations salariales de 6,5 % et de 3 % au cours des deux premières années. Il prévoit également des augmentations salariales correspondant à l’inflation annuelle pour les années trois à cinq, en plus d’avantages sociaux améliorés et d’un service de livraison de colis la fin de semaine.
Environ 86 % des facteurs des zones rurales et suburbaines ont voté en faveur de la convention, et 89 % des travailleurs urbains lui ont donné leur feu vert, selon le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP).
Les parties «signeront bientôt les nouvelles conventions collectives», qui seront en vigueur jusqu’au 31 janvier 2029, indique Postes Canada.
Cet accord marque l’aboutissement d’une longue saga de négociations collectives et de grèves tournantes, sur fond de volonté de réformer le modèle économique de la société d’État face à des pertes financières croissantes, qui ont dépassé les 5 milliards $ entre 2018 et 2025.
Postes Canada et le syndicat se sont longtemps affrontés sur les salaires et les changements structurels au sein du service postal, les travailleurs ayant organisé des piquets de grève à plusieurs reprises tout au long du processus de négociation. Les deux parties ont convenu de ne lancer aucune grève ni aucun lock-out pendant les six semaines qu’a duré le vote de ratification.
Environ 60 % du conseil exécutif du syndicat a approuvé la convention collective proposée, affirmant qu’elle garantissait la sécurité de l’emploi, mais la présidente du syndicat a demandé aux membres de la rejeter, arguant qu’elle réduisait les droits et la rémunération.
«Nous avons encore du pain sur la planche. Nous devons reprendre nos forces et nous unir pour les luttes qui nous attendent, nous préparer à la prochaine ronde de négociation et nous mobiliser pour contrer les attaques du gouvernement contre notre service postal public», affirme la présidente Jan Simpson dans un bulletin adressé aux membres, lundi.
Dans une déclaration, le président-directeur général de Postes Canada, Doug Ettinger, se dit satisfait du résultat et estime que le nouvel accord offre une stabilité et une voie pour rétablir la confiance dans le système postal.
«Bien que le processus ait été difficile, ces ententes négociées reconnaissent que Postes Canada doit changer.»
Face à la baisse de la demande de lettres et de colis, la société d’État a annoncé qu’elle devait se moderniser par l’intermédiaire de réformes, comme les boîtes aux lettres communautaires, la livraison de colis la fin de semaine et d’éventuelles fermetures de bureaux de poste.
Un long chemin vers la ratification
En décembre 2024, le gouvernement fédéral a demandé au Conseil canadien des relations industrielles d’intervenir pour mettre fin à une grève qui durait depuis un mois, et a mis sur pied une commission d’enquête sur les relations du travail chargée de définir la voie à suivre.
Cette enquête, dirigée par William Kaplan, a donné lieu à une série de recommandations qui ont ensuite été adoptées et mises en œuvre dans le cadre d’une série de changements radicaux apportés au mandat de Postes Canada.
Annoncée en septembre, cette refonte a levé le moratoire sur la conversion des boîtes aux lettres communautaires, autorisant le service postal à convertir les quatre millions d’adresses restantes qui bénéficient encore d’une distribution en porte-à-porte. Le gouvernement a également annoncé la fin du gel des fermetures de bureaux de poste ruraux — dont certains sont désormais entourés de lotissements de banlieue — en vigueur depuis 1994, qui concernait près de 4000 points de service.
Lundi, le ministre des Approvisionnements, Joël Lightbound, souligne que cet accord marque une étape importante pour la société d’État.
«Il s’agit d’un moment important pour les travailleurs, Postes Canada et les millions de Canadiens et d’entreprises qui dépendent chaque jour d’un service postal stable et fiable», dit-il dans un communiqué.
Vendredi, le service postal a dévoilé avoir enregistré une perte avant impôts de 205 millions $ au premier trimestre de l’année, alors qu’il poursuit sa restructuration.
Le mois dernier, le gouvernement fédéral a versé 673 millions $ à Postes Canada afin de maintenir à flot ce service postal en difficulté financière pour l’exercice financier en cours.
Ce montant provenait de la somme d’environ 1 milliard $ qu’Ottawa avait autorisée dans le cadre d’une injection massive de fonds plus tôt cette année. Il faisait également suite à l’injection initiale de 1,03 milliard $ de l’année dernière, qui n’avait pas suffi à maintenir le service postal à flot au-delà du début février 2026.