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L’agence Moody’s abaisse les perspectives du Nouveau-Brunswick
Le ministre des Finances et du Conseil du Trésor du Nouveau-Brunswick, René Legacy, s’exprime lors d’une conférence de presse avant la présentation du budget provincial à l’Assemblée législative de Fredericton, le mardi 17 mars 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Stephen MacGillivray Moody’s Ratings revoit à la baisse les perspectives de la province du Nouveau-Brunswick lors de sa dernière mesure de notation publiée vendredi.
L’agence abaisse également la note de crédit de base de la province de AA2 à AA3, mais conserve la note AA1 pour la dette non garantie à long terme, qui est une des données les plus surveillées.
Il s’agit de la première fois que Moody’s annonce des perspectives négatives pour le Nouveau-Brunswick en une vingtaine d’années de rapports.
Le ministre des Finances et du Conseil du Trésor du Nouveau-Brunswick, René Legacy, accueille favorablement cet examen.
«Moody’s n’a pas modifié la cote de crédit de la province, mais a ajusté les perspectives de stables à négatives. Ils surveilleront la mise en œuvre de notre plan visant à faire croître l’économie et à gérer nos dépenses», explique le ministre dans une déclaration transmise par courriel à La Presse Canadienne.
Il rappelle que son ministère cherche à devenir plus efficace et examinera le rapport complet.
Incertitude commerciale
Selon l’agence de notation, ce changement de perspective est lié à l’incertitude commerciale persistante avec les États-Unis et aux autres pressions macroéconomiques mondiales. Il «reflète le risque de détérioration pesant sur la trajectoire budgétaire et la capacité de génération de recettes du Nouveau-Brunswick».
Moody’s rappelle que la province prévoit un déficit de 1,4 milliard $ en 2026-2027, soit 9,8 % des recettes, et des déficits importants lors des années financières suivantes.
La note de crédit de base de AA3 vient elle aussi refléter le recours aux emprunts plus important que prévu initialement pour financer le déficit. L’agence anticipe que le fardeau de la dette dépassera 180 % d’ici 2028, contre 139 % en 2024.
Ce «retard prolongé avant le retour à l’équilibre budgétaire» pourrait réduire la capacité de la province à «amortir les chocs» en cas de nouvelles pressions budgétaires.
L’agence exprime également des inquiétudes quant à la santé financière de la Société d’Énergie du Nouveau-Brunswick, qui «peine à assurer une production d’électricité fiable à partir de sa centrale nucléaire» et a effectué des hausses de tarifs pour se maintenir à flot.
À l’image de la province, la Corporation de financement des municipalités du Nouveau-Brunswick voit également ses perspectives passer de stables à négatives, bien que sa note AA1 soit maintenue pour la dette non garantie à long terme.
Des bases néanmoins solides
Néanmoins, les notes maintenues à AA1 montrent que le Nouveau-Brunswick évolue dans un «cadre institutionnel très solide», selon Moody’s.
«Au cours des 15 dernières années, le Nouveau-Brunswick a souvent affiché des résultats budgétaires plus solides que ses homologues provinciaux en période de difficultés généralisées», peut-on lire dans le rapport de l’agence de notation.
Moody’s précise aussi que la province est bien placée pour tirer parti de ses ressources naturelles et que sa situation démographique est meilleure qu’il y a cinq ans.
L’opposition «peu surprise»
Le député provincial du Parti progressiste-conservateur, Don Monahan, se dit peu surpris par la dégradation de la note attribuée par Moody’s après le dépôt du budget en mars.
«Compte tenu des prévisions de déficit que le gouvernement libéral de (Susan) Holt présente aux Néo-Brunswickois, la dégradation de la note des obligations n’était qu’une question de temps», commente-t-il.
M. Monahan, faisant écho aux déclarations d’autres membres de son parti, affirme que le gouvernement devrait stimuler l’économie en levant le moratoire sur l’extraction du gaz naturel.