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Le métier de sylviculteur en péril, selon la CSN
Image d'illustration par Depositphotos Le secteur sylvicole québécois traverse une crise profonde qui menace directement l’avenir du métier de sylviculteur, dénonce la Confédération des syndicats nationaux (CSN). Malgré le maintien des budgets alloués aux travaux sylvicoles dans le plus récent budget provincial, les conditions sur le terrain continuent de se détériorer.
Selon les représentants syndicaux, la situation s’aggrave avec la baisse des taux offerts par le gouvernement pour certains travaux sylvicoles, variant de 2 à 5 % selon les interventions. À cela s’ajoute la stagnation des sommes versées aux entreprises et groupements forestiers, et ce, malgré la hausse des coûts liés notamment au carburant et à l’équipement.
Ces pressions financières ont des conséquences directes sur les travailleuses et travailleurs du secteur. « Tout le monde s’en va. Il n’y a plus de relève », affirme Serge Desrosiers, président du Syndicat national de la sylviculture. En une décennie, le nombre de membres du syndicat a chuté d’environ 80 %, pour atteindre aujourd’hui un peu plus de 200.
La CSN estime par ailleurs que les budgets actuels sont insuffisants pour répondre aux besoins du territoire. Au rythme actuel, il faudrait plus de trois décennies pour entretenir l’ensemble des zones jugées prioritaires.
Le président de la Fédération de l’industrie manufacturière, Kevin Gagnon, souligne également que les sommes investies ne bénéficient pas suffisamment aux travailleurs sur le terrain. Il plaide pour une réforme du modèle de rémunération, rappelant qu’un projet pilote basé sur un salaire horaire a démontré des résultats prometteurs. Actuellement, les sylviculteurs sont rémunérés à forfait par parcelle et doivent assumer eux-mêmes plusieurs dépenses, dont le transport et l’équipement.
Face à cette situation, la CSN presse le gouvernement du Québec d’agir rapidement. Elle estime que les élus ont une responsabilité importante pour assurer la survie de ce métier essentiel à la gestion durable des forêts, et invite le prochain gouvernement à ne pas repousser davantage les décisions nécessaires.