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Immigration: Québec «fragilise» les entreprises, constate le patron de Desjardins
L’excédent du Mouvement Desjardins a augmenté de 28,1 % pour atteindre 1,1 milliard $. Une tour à bureau du Mouvement Desjardins à Montréal, le jeudi 14 novembre 2024. LA PRESSE CANADIENNE/Graham Hughes Donald Trump n’est pas la seule menace qui plane sur l’économie, estime le patron du Mouvement Desjardins, Denis Dubois. Les décisions du gouvernement Legault en matière d’immigration sont également une source d’incertitude pour les entrepreneurs, selon lui.
M. Dubois ajoute sa voix aux critiques issues du milieu des affaires, qui déplorent la fin du Programme de l’expérience québécoise (PEQ).
«Pour eux (les entrepreneurs qu’ils rencontrent), clairement, c’est la plus grande source de préoccupation actuellement», souligne le dirigeant, mardi, lors d’une conférence de presse pour discuter des résultats financiers de la coopérative.
M. Dubois déplore que le PEQ entraîne la perte de travailleurs bien intégrés dans leur communauté. La fin du programme «fragilise les entreprises et affaiblit les régions», selon lui.
Le gouvernement doit remettre en question sa décision s’il veut soutenir les entrepreneurs, plaide-t-il.
En faisant cette sortie publique, M. Dubois veut porter le message que lui ont transmis les entrepreneurs qu’il a rencontrés à travers le Québec. «Il y a un message qui revient tout le temps et souvent, raconte-t-il. C’était ce message-là.»
Avant d’être aboli, le PEQ était considéré comme la voie rapide vers la résidence permanente pour les travailleurs étrangers et les diplômés étrangers formés au Québec.
Le gouvernement a remplacé le PEQ par le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ).
Plus tôt ce mois-ci, le ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge, a défendu le changement, affirmant que le PSTQ permettrait, notamment, de régionaliser l’immigration et de mieux protéger la langue française.
La fin du programme a entraîné de l’incertitude pour les «orphelins du PEQ». Leurs chances d’obtenir la résidence permanente ont diminué en raison des changements aux règles du jeu.
Des excédents en hausse pour Desjardins
Malgré une année «exigeante», le Mouvement Desjardins est en croissance. La coopérative doit tout de même mettre plus d’argent de côté en cas de pertes.
En 2025, ses provisions pour pertes ont atteint 688 millions $, comparativement à 597 millions $ en 2024, selon les résultats dévoilés mardi.
Le contexte économique reste difficile, reconnaît M. Dubois. «On a vécu une pandémie. On a vécu une période de forte inflation. Là, on vit les tarifs. Donc, pour certaines entreprises, ces choses-là s’additionnent.»
La situation est toutefois plus stable que ne le laisserait voir l’augmentation de 15 % des provisions pour pertes, nuance le chef de la direction financière, Alain Leprohon.
Il souligne que la taille du portefeuille de prêts a augmenté aux alentours de 8 % à 9 %. Le changement à la provision s’explique, en partie, par l’augmentation du nombre de prêts.
Le chef des finances affirme qu’il n’y a pas de détérioration de la qualité des prêts consentis aux ménages. Il y a «une petite augmentation» des prêts improductifs du côté des entreprises. «Ça demeure des cas isolés.»
«Je vous dirais que les économies canadienne et québécoise ont quand même mieux performé que ce à quoi on s’attendait, répond M. Leprohon. Ça a limité les pertes d’emplois.»
«Donc, l’impact est quand même plus modéré au niveau de la provision, mais, évidemment, on demeure très vigilant avec l’incertitude que l’on connaît», enchaîne-t-il.
La coopérative a dévoilé, mardi, une hausse de son excédent de 28,1 % pour atteindre 1,1 milliard $ au quatrième trimestre.
La coopérative attribue cette progression à l’augmentation des revenus d’intérêts et à la hausse des marchés financiers, notamment.
Le Mouvement Desjardins conclut ainsi l’année 2025 avec un excédent de 3,8 milliards $, une augmentation de 13,6 %.
La ristourne aux membres pour 2025 s’est établie à 505 millions $, comparativement à 437 millions $, ce qui représente une hausse de 15,6 %.
Les remises sous forme de dons, commandites et bourses d’études se sont situées à 133 millions $.
Le Mouvement Desjardins a amélioré ses ratios de fonds propres de catégorie 1A à 23,7 % au 31 décembre, comparativement à 22,2 % à la même période l’an dernier. «Notre base de capital demeure extrêmement solide», souligne M. Dubois.
Sur un an, son actif total a progressé de 8,3 % à 510,2 milliards $.
– Avec des informations de Thomas Laberge et Caroline Plante